23/07/2007

Bruxelles

En chantant des trucs qui mettent le baume au cœur, on s’est mis en tête l’idée de rejoindre l’horizon. Si l’horizon est gris, vertical et garni de volutes c’est que tu erres dans ma ville. Les pavés descellés sont autant de dents perdues lors de combats un peu inutiles, on va dire que la souris est passée et qu’elle conserve dans un mouchoir les reliques des lutteurs amoureux.Les femmes tricoteuses ont en mémoire les malléoles twisteuses de leurs talons aiguillés et les enfants portent sur leurs paumes des décalcomanies grisâtres glanés au gré de leurs chutes.Les vieux s’endorment sous les lumières jaunies des galeries et offrent ainsi à leurs dents une capeline discrète. Endormis au sucre des biscuits, ils psalmodient quelques banalités lues sur des valves informatives. Doucement, je les regarde courber leurs nuques de dinosaures et poser leurs lèvres tremblantes sur la mousse d’une bière éventée. Eventée comme leurs desseins, comme leurs désirs.L’érosion physique ne m’effraie pas, mais je voudrais pas devenir comme eux. Regarder le monde au travers d’une vitre sur laquelle une grasse condensation s’est formée. Je voudrais pas tousser pour cacher le vide du dialogue et sentir le dragon de la solitude me guetter. Je veux pas non plus prendre le bus vers quelque part pour quitter chez moi et subir le regard rageur des actifs. Je veux pas laisser une dent dans une couque de Dinant.En chantant des trucs qui mettent le baume au cœur, on s’est mis en tête l’idée de rejoindre l’horizon.Cet âge là ! C’est sans doute le moment. Tout ce temps, occupé à réfléchir pour les aliénés, ceux qui vivent au rythme des cinq jours par semaine.display_image.php

11:32 Écrit par malecicatrique dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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