25/05/2006

Le Livre XXXI (Les Evangiles Urbains II)

 

 

Ne lui parlez pas de la peur de l’inconnu mais plutôt d’inconfort. Le dehors c’est la morsure d’un gel façonné à l’ego démesuré du monde. Comment ne pas connaître l’Autre ?

 

Toutes ces traces de doigts sur les carreaux à l’inquiétante condensation.

Les volets claquent ; glottes d’hommes trop fiers, leurs poèmes étouffent en se tordant dans nos larynx larmoyants.

 

Car voyez-vous, il nous aime…

 

Oui…

 

Nous aimons trop nos reflets, même difformes, même conscients de l’obésité de nos orgueils.

 

D’un violent coup de poing dans la fenêtre il s’est ouvert au monde, une saignée pour partir au front, descendre, traverser la rue et errer dans le parc.

 

Chiens et papiers dans un tango effréné affichent de solennelles mines.

Aujourd’hui l’air a un prix, celui de la place que seule la vanité sait dévorer.

 

Chats de poussière tel un gant de crin sur la langue…

 

Pour éviter le cri ?

 

Les lunes d’or se sont accrochées aux visages d’ étrangers ou bien s’agit-il de fesses, de celles qu’on paie pour soulager les messieurs ?

 

Il traîne ses souliers, mais, ne relèvera pas son col de veste, nous ne sommes pas à la fin d’un film ici,non !

 

Ici, c’est la vie.

 

Et dire qu’il nous aime malgré tout !

 

Malgré la vulgarité de nos démonstrations, l’insignifiance de nos sentiments…

 

Il nous aime…

 

Comment ne pas comprendre son ascétisme ? Epuisé qu’il revient des images de notre monde.

 

Il rentre, la cage d’escalier est froide, suintant la froideur des passes soldées…

 

Ne pas croiser quelqu’un, ne pas croiser…

 

 

Plus une seule image, il ferme les paupières et invoque la conjonctivite.

18:38 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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