14/04/2006

Le Livre XXV (Trop loin...)

 

 

 

Notre souffle, comme une claque sur la joue plombée de Clotho, elle qui s’en retourne, vaincue, camuse de trop de ces gifles chevauchant nos liesses grouillantes.

 

Notre souffle, insondable, chargé de nos débordements, qui percute tel une phalène les lumières grésillantes de nuits hétaïres.

 

Notre souffle, sulfureux, indique sans équivoque un long chemin d’ermitage, qu’elle se fasse thanatophage la faucheuse, qu’elle ronge son frein !

Aujourd’hui, ici bas, nous décidons de lui refuser l’accès, qu’elle aille en pendre d’autres et ailleurs, elle nous a assez fréquenté cette pute pas même excitante.

 

Mais elle quitte les lieux avec un sourire amer, dans mon poignet s’est introduite une lame bien froide… Car elle est bien loin… Aujourd’hui…

19:12 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/04/2006

Le Livre XXIV (le goût du sang)

 

 

Laisse couler un peu plus les mots qui font naufrage dans l’épaisseur soyeuse de ton sang. Lui qui semble porter un sens que moi seul comprends. De cette saveur dont il faut se repaître, la longue danse de l’existence plongée dans l’alacrité, dans la folie des coïncidences, isochronisme des vertiges.

 

J’en veux encore de cette chute, de l’extase qui me transporte parmi les couleurs de ta peau.

 

Je veux me taire, encore goûter cette robe interlope qui t’habille quand tu dors, que je ne porte alors, aucun remords, à visiter ton corps tel un reptile amoureux….

18:13 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03/04/2006

Le Livre XXIII (évangile selon le chien)

 

Je suis le chien.

Je suis celui qui renifle, qui propose à sa langue des espaces duveteux, des saveurs chargées de miels décadents, les yeux rivés sur un ciel chimique composé depuis des palettes d’hormones dans lesquels fantômes et succubes frileuses redoutent mes appétences.

 

Je suis le chien.

Je gratte la terre, et parfois le derme primal se colore tel un diamant impur gorgé d’intentions séminales. La nuque raide comme possédé par les entités de la terre, je visite sans errance aucune, les pentes aguicheuses des hanches engendrent l’équivoque coup de hache du sacrum, chaque vertèbre se fait perchoir d’oiseaux de joie… Pervenches horizontales… Oubliez les colombes !

 

Je suis le chien.

Respiration heurtée, instinct tyrannique, le sextant de tes soupirs comme autant de bornes dans l’étendue voluptueuse de mes images.

Les mots se tordent pour des images scabreuses, le scarabée du Nil ?

Les hiéroglyphes se sont cachés dans les plus tendres recoins de ton anatomie, je suis le chien et, de ma truffe, je soulève cet humus d’éphélides.

 

Je suis le chien.

Je m’enivre à m’en faire péter le bas-ventre de tes exhalaisons citronnées, de tes haleines de lotus, de la chaleur de tes origines.

 

Je suis le chien.

Je me couche, indompté mais vaincu par le charme.  

13:00 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (62) |  Facebook |