17/03/2006

Le Cauchemar I (Plongée dans la rouille)

 

Il est des mondes qui nous collent à la peau, étranges, qui ne nous sont pas étrangers puisque nous leur donnons vie et c’est effrayant !

Cette nuit là, j’ai mouru ! Je suis contraint de maltraiter la grammaire dans un soucis de fidélité toutefois, cette mort n’ayant été que ponctuelle. On m’a retrouvé mort dans un décor mêlé de décharge municipale, d’usine puant la bakélite, de ville mutante dévoreuse d’ouvriers, le tout, parsemé d’étangs aux carpes comme on en trouve chez Wilde. Le tableau est stupéfiant, comment pouvoir être ainsi sépulcral ?

 

J’étais donc mort, retrouvé dans ce bourbier urbain que je visitais pour la première fois, que venais-je y faire ? On sait que j’étais ivre au moment du décès, je sais tout ça car je suis assez tordu pour ressusciter et participer à l’enquête…Enfin à ma manière, dans mon coin… Comme je ne me souviens de rien, je tente de décrasser la toile de ma mémoire, je voudrais savoir…On dit que je suis allé chez des gens m’en mettre ras la gueule de bibine et autres spiritueux, mais on ne sait pas comment je suis mort.

 

Ca sent un peu l’iode, y’a une histoire d’eau là dedans, je suis mouru probablement en bord de mer. Mais quel Dieu est assez pervers pour poser une ville-termite sur une côte aux reflets de cuivre oxydé ?

Peut-être m’a t’on pris par la main, pour m’emmener mourir ? On m’aurait aidé en somme…. Tu vois un peu ce que je veux dire ?

 

Me connaissant, et, revisitant les lieux du trépas, la mort causée par la peur panique semble être la plus probable. C’est comme si le monteur sombrait dans une maladie nerveuse teintée d’apoplexie et qu’il nouait les rushes de mes dernières heures en s’inscrivant dans une nouvelle logique, une logique que lui seul approuverait.

 

Images brèves, violence, cris de bête, corps allongé dans l’herbe longue à la rosée rouillée, yeux rivés sur un dais étoilé, le liquide velouté s’échappe, le friselis des insectes prisonniers qui se noient par millier, la rumeur de la ville déserte qui persiste à jouer les vivantes, une voiture dérape un peu sur le gravier, son qui déchire les tympans, chaque battement d’aile est une excoriation du repos…

15:47 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

,,, Ca me rappelle le tambour, un bain d'anguilles dans des orbites de chevaux,,,

On mange quand ensembles ?

Écrit par : moz | 24/03/2006

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