05/03/2006

Le Livre XVII (complaisance douloureuse)

 

 

C’est le carnaval des cancrelats, au creux de la carcasse s’entassent vipères et autres batraciens, corbeaux, musaraignes et furets affamés.

 

 Le terrier est étroit mais le terreau y est riche. Les lombrics s’affairent avec zèle, il faut que le corridor des bronchioles soit rutilant pour accueillir de belles mucosités perlées, de celles qui charrient des petits crabes malingres et ricaneurs. Dans une toux musicale de trompette à peine bouchée, le corps sonne l’alarme.

 

 

Voyez le défilé des amibes, je ne trouve plus des yeux, le bismuth, ce lait nécessaire à la déglutition, le lait que l’on crache dont l’origine nous est encore inconnue. Né, quelque part, dans une contrée nerveuse du pancréas sans doute, ce lait aux parfums acétiques n’a jamais connu la poitrine généreuse d’une mère, juste le vinaigre taquin de protubérances solaires siégeant dans l’estomac.

 

Mes charniers sont des bourgeons intérieurs que le plus sincère des bonheurs ne saurait gommer.

 

18:47 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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