20/02/2006

 Le Livre XVI (Le Souvenir)

Il scrutait la lune rousse à s’en décoller les rétines, des larmes alimentées à la fumée de cigarette tentaient vainement de calmer le feu qui s’était emparé de ses joues.

C’est tout de même troublant de pleurer son bonheur, de sentir que le monde vous échappe tandis que vous l’apprivoisez. De faire un avec les éléments qui nous entourent, les cubes, les sphères, les chiens ailés, les étoiles pas très filantes qui se dérobent dans l’angle des rues qui sentent un peu trop la salacité.

 

La musique s’échappait de la fenêtre en prenant par la main ses pensées vides, son crâne s’emplissait d’une image qu’il ne voulait oublier, cette image qui chaque matin est lové dans le calme qui suit la pétulance de leur amour.

 

 

 

 

Il était bien loin désormais ce cancer de l’habitude, le crabe s’est asséché lorsque la mer a cessé de vouloir céder aux marées… Mais la musique est restée, et les images se sont faites de chair. Elles portent l’odeur capiteuse d’une maharané sans patrie, dont il se plait à baiser les pieds chaque soir en signe d’allégeance.

Elle l’a guéri de ses maux ; recousu chacune de ses cicatrices et surtout lui a redonné l’usage habile de ses mains, il sacrifie chaque jour les lettres de la destruction.

 

Il la porte dans ses bras, elle est légère…

Il la porte dans ses bras, pour la mener au trône…

 

L’ancien monde noircira ses pages, comme un souvenir qui prend forme sur le papier, que l’on traite afin de mieux se dégager les bronches.

19:08 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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