02/02/2006

La Possession

 

Je l’ai vu tituber, tendre ses mains afin d’amortir la chute, il me regardait, ses yeux ne parlent pas, ils aboient. Ce n’est pas de la haine, ce n’est pas de la peur, il lui est juste délicat de saisir la distorsion du monde, de ce monde qui nous est occulté.

 

Dans l’obscurité obligatoire de sa chambre les visites se multiplient, le pendu du troisième, l’égorgé du trottoir d’en face, sans compter sur la vieille morte déshydratée il y a peu. Tous ceux-là viennent lui parler, mais il est un peu trop sourd et souffre d’une aphasie dite « par delà la mort ».

 

Les phrases se répètent dans son petit crâne comme des mélodies stridentes ou de lentes et vibrantes mélopées, ce petit corps ne connaît pas le repos mais juste la folle monotonie des pleurs, l’écho inquiétant d’un vagissement interne. Ballotté sur les flots furieux de juvéniles achérons, le naufrage n’aura pas lieu, condamné qu’il est, à la tempête déchirante.

 

Chaque porte poussée est l’occasion angoissante d’une rencontre avec l’autre côté du voile.

Les étoiles ? Des sagaies au service de Damoclès.

 

19:19 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

on a eu la même triste idée, mais c normal, je crois

Écrit par : salomé | 04/02/2006

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