01/01/2006

Le Livre

Le roi tzigane a alors ouvert les bras comme pour frayer un passage au milieu des ronces. Ces herbes folles, à tête de gorgone, enchâssées, tentant avec pugnacité de gagner les bronchioles. Chevaucher Dyspnée et l’apprivoiser, gagner le céleste royaume de l’air.

 

Il prît sa couronne encore poussiéreuse d’une jeunesse embuée. De nouveau hirsute, comme baigné par la chaleur d’une force nouvelle, il sourit à son petit peuple et la chaleur de ses errances habilla les cœurs froids gagnés par les lichens, ces cœurs dégageant les fragrances du silex meurtri, du granit à l’érosion qui ne présente plus rien de placide.

 

Les larmes coulèrent, fertiles, le long des épaules nues, des cous aux veines bleutées, sur les poitrines d ‘albâtre, dans le lit des rides de ceux qui avaient su sourire. De son regard pers, il déchira le sombre dais qui pesait sur leurs nuques et, de son index noueux, désigna le repos de l’origine.

 

« Nous pouvons continuer la marche »

 

Le son de sa voix parcouru ainsi le tapis des forêts, l’hermine des vallées. L’humeur noire, assemblée en un lieu oublié fût happée par le sol.

La vieille a dit que le malheur l’avait trop longtemps aveuglé et qu’il était donc temps d’assumer…

 

De poser sur la tête la couronne sylvestre.



11:18 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Garde le rythme ...

Écrit par : seb | 01/01/2006

En cadence...

Écrit par : Flynn | 01/01/2006

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