21/12/2005

Manque

J’ai dans les mains, la peur atavique de la laisser m’échapper.

J’ai dans les mains, la chaleur d’un vide que je ne sais contrôler.

Comme un péquin, mélancolique et divin, je laisse passer les heures à ronger mes désirs, des aspirations. Poser la première brique, la première flambée dans le foyer, et son rire grimpant sur les murs, chèvrefeuille libre qui me protège de mon auto-phagie.

 

Je goûte à la futilité de l’existence quand son absence résonne. Je ne sais plus me définir autrement que double. Le monde s’est lové dans ses paumes, ne me laissez pas choir, ne me laissez pas dériver ailleurs que sur les flots de ses mains. Enfermez-moi ici !

 

Durant ses errances, je suis le Samson chenu. Je suis devenu mineur en quête du matériau le plus noble

 

Où ?

Où est-elle tandis que mes interrogations me déchirent et que l’on m’offre en pâture à de simiesques robins ?

 

Elle me possède tout entier et je repense sottement à Verlaine :

 

« Green »

« Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront. […] »

 

Et puis mes quelques mots si simples :

 

Je veux ta voix entendre et libérer mes mains de ce poids tyrannique qui me mène à l’effroi.

Je veux sentir ton ventre tiraillé de douceurs, apaisé par ces mains visitées par ton manque.


20:13 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Abscence Etre A.. c'est la chose qu'on s'explique le moins mais dont on est le plus sur.

Écrit par : Cityzen | 22/12/2005

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