12/12/2005

Le Sacre du Tympan

Dans ton regard effrayé, sur ta pupille transie, à l’orée de ton iris pétrifié. Le nouveau monde des hommes, le microcosme des gonzes, se fait geyser puant, gerbe abjecte, le torrent a quitté son lit pour s’allier à la fange, grossir les rangs de la lie, fesses chargées aux fèces, le corridor s’endort dans la tiédeur d’haleines nidoreuses.

 

C’est la décomposition, les stigmates d’un monde qui ne fait que vieillir. Les ongles  rognent les joints des couloirs pour gagner la respiration, on se laisse étreindre par l’anhélation et, dans ce bain de sueur, dans ce baptême moite, dans cette conche à l’écume glutineuse, les râles fébriles, les chants frénétiques d’une chorale de diables vulgaires aux râbles lourds d’une existence belliqueuse, d’un ballet foireux, d’entrechats convulsifs.

 

Le sacre du printemps se fane au passage du fiacre d’une saison pouacre et sans espoir. 



09:03 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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