30/10/2005

Manque

On pose le pied sur la verdure, on valse le sourire aux lèvres et les voici, toutes canines dehors, la hart à la main.

Je les devine obscurcissant l’azur de leur machine à torture, réas acérés, mortaise affamée, pour inséminer la joie d’un fléau viral, pour donner naissance au manque.

La couche toujours trop grande, et la sueur se perd en méandre pour des paysages qui n’ont plus rien de virgilien. Je foule les braises, les joues tirées, le désir tyrannique de jouer avec la pulpe de tes doigts.

 

La virginité des envies équivoques,

La viridité des sourires ambigus,

La virilité qui se rappelle à moi,

La visitation qui joue les démons,

 

Pauvre belluaire de fortune, le fauve qui me dévore n’est autre que cet homme qui m’habite.

Un bellure turlupin qui hante le bas-ventre.

Le cri de tes appétences vomi depuis la néphridie se mêle aux humeurs salées qui ont mouillé tes draps.

 

Petit ver égaré dans le pandémonium de ton crâne. Il te faut ronger pour trouver ta place…

 

Mais ta place est ici…

 

Lové contre son sein !

 


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26/10/2005

Souviens-toi

Les lunes fourbes témoignent de la naïveté du temps, de l’inconséquence des minutes qui s’égrainent. L’espoir est intrinsèquement fourbe, chargé dès sa naissance d’une cruauté par trop humaine. Et, la musique promène en elle les stigmates de l’inutilité. J’avance, parmi le monde sans y laisser de trace, juste une fuite, un passage qui s’oublie, qui meurt tandis qu’il naît, une longue traînée, la progression aisée d’une auto dans la nuit humide, moderne et tourmenté, le tout dans une odeur de pneu sous la pluie, un parfum de gomme chaude ; l’urbanisme qui rassure par la crasse de ses émanations. Pas de foin ! Juste le goudron, juste la pluie, juste la chaleur de la ville, juste le bouquet des réverbères orphelins. Reflets tristes mais irisés, arc-en-ciel bon marché collé à la terre. C’est ainsi la ville la nuit !

Je ne suis qu’un rai, un trait dans le bleu morgue de la nuit, une déchirure dans le trop calme de l’intimité. Intimité, toi qui m’as quittée lorsque je découvrais le goût délicieusement amer de la solitude. L’intimité est un privilège, la solitude demeure un sévice, on peut la choisir… Elle devient isolement et quand le luxe la lèche : Isolement.
J’ai quitté ma douce prison pour ne plus être tout à fait à moi. Corps ; vieil ami ingrat ou trop patient, en si peu de temps je t’ai toujours tiré la langue, j’ai bafoué tes aspirations et tes élans heureux. Quand je ne supporte plus le silence, que la folie terne et inactive me tend les bras, qu’il est temps de me coller la tête dans le sable, qu’il me faut échapper à vos regards, à l’inquisition de vos mots, de vos braves ego.
Comme un manque animal qui déjà me déchire en parties ridicules sur le lit.
Cigarette, lourdes volutes, chandail puant, de ces atours que l’on réclame comme s’ils portaient à jamais le parfum de l’enfance. Redonnez-moi le vide qui siégeait dans mon crâne que je puisse de nouveau sourire, l’histoire d’une vie est autant de marques sur le calendrier, je surligne de rouge mes jours de détresse, colonnes maculées… Quand on parvient au stade critique, celui qui consiste à ignorer les fonctions naturelles du métabolisme, ce que l’on peut finalement nommer le « laisser-aller », l’abandon de soi, le but n’étant pas de se faire autre mais de ne plus être dans un savoir-faire lâche, juste éviter la violence de la pendaison et la prolifération des mandragores.
Car il faut proscrire à tout jamais la procréation. Je saisis la gomme pour remonter à l’origine du trait. Je ne serai pas, je suis en train de ne plus être, je ne fus pas ! Et pourtant j’ondule, je vibre, je m’échappe dans la fluidité du vide, sans embûche dans la musique qui trônait autour de l’âtre, je commence à sentir l’origine du monde, le chant des femmes et leurs cheveux sombres et sauvages. Je ne suis plus qu’un instant suave sur leur peau perlée, rêve vaporeux, je frôle les stèles rongées par la mousse et, pour un instant, je me fais humus pour copuler avec les morts, là, sous les feuilles en décomposition, là, sous ce manteau qui se digère, là… Qui a dit que la mort était une froide compagne ?
Bon Dieu ! Je n’ai jamais autant voyagé, je n’ai jamais autant vécu depuis que je ne suis plus ! La condition sine qua non à ces transports est la musique, le reste n’est qu’un travail de mémoire, images poreuses dont le défilé anime la chimie.

Comment nier ? Comment cacher ? Les souffrances de la déglutition me manquent, les aiguilles à tricoter que j’avais dans le bulbe rachidien, que deviennent-elles ? Les brûlures inexpliquées de mes avant-bras, les ganglions bien alignés sous mes aisselles, les voiles opaques sur mes pupilles, les cafards dans les oreilles, le bousier qui pousse mon ulcère ? L’apprenti boucher qui s’était invité parmi les muscles de mes jambes, la sainte-Tétanie qui danse avec ma langue, le trou, là ! Dans mon cou ! Les videurs qui faisaient la police aux entrées des sphincters molestés par des brigades commandos armées à la codéïne, à la morphine, à la cortisone. Les temps heureux, quand la brigade des stups’ fermait les yeux et que l’on nous invitait à nous défoncer tranquillement, que les messieurs et leur blouse blanche se fichaient bien de me ronger le cerveau pour que je puisse dire aujourd’hui toutes les minutes :

« Tu ne m’as jamais parlé de ça ? »
J’ai autant de mémoire qu’un poisson rouge, le ravissement de la surprise est parfois éprouvant.
Mais que fais-je donc durant ces nuits ? Pourquoi chaque réveil est-il chargé de douleur, l’occasion de nouvelles explorations le long de fleuves en cicatrisation ?





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25/10/2005

Tic Tac!

Tic Tac !

Envie de dévorer les heures !

Tic Tac !

Les montres molles laissées au pied du lit !

Tic Tac !

Les toiles de Caillebotte ruissellent sur les carreaux !

Tic Tac !

Le no man’s time qui nous envelope!

Tic Tac !

Qui dit « oui » qui dit « oui » !

Tic Tac !

Tu peux attendre !

Tic Tac !

La pendule boude au piquet !

Tic Tac !

Le dimanche peut chercher d’autres proies !

Tic Tac !

Change de cantine mon vieux Saturne !

Tic Tac !

 

 


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24/10/2005

Exorcisme

Il aime à entraver la déglutition,

Et teinte les heures d’une noirâtre lymphe,

Il se glisse reptile sous la peau,

Menace de dévorer les souvenirs heureux,

Il engendre d’inquiétantes postures,

Des postulats non fondés pour des craintes vénéneuses,

Mycose insatiable, germe du soir silencieux,

Il se terre immobile et menace les entrailles.

 

Il est là sans raison me propose un sourire,

Il se rappelle à moi dans des danses provocantes,

Et m’invite à la chute, à me repaître de ténèbres…

 

L’abandon…

 


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On a pain....

Quand l’œil ne veut plus se fermer, qu’il veut travailler, et travailler encore…Et qu’il appelle le corps, lui fait sentir le manque. Que dans le lit trop bien fait les nerfs enlacent le matelas et l’on s’enfonce dans le manque.

Alors je brûle mes conjonctives dans des volutes. A défaut d’épuisement, j’attends la cécité. Il n’y a qu’une seule image, là, engoncée dans mon crâne.


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23/10/2005

Parce que...

Oui oui!
 
Je sais!
 
Il y a le bourbier!
 
Mais il y a surtout ses paupières paillettées!

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20/10/2005

La Naissance des Grenouilles.

A l’époque, on était heureux d’avoir le nez bouché !

C’était encore le meilleur moyen d’échapper au fumet nidoreux des fleurs prospérant parmi les cautères qui baillaient à s’en décrocher les viscères.

Un sacré champ de pleurs tu sais.

Moi je déambulais, sans repère, le soleil ne se levait plus, juste quelque chose d’humain qui m’obligeait à ne pas fouler la charogne. Le friselis de l’agonie se répandait dans l’air, comme un crabe dévore un faible corps.

La pluie tombait, honteuse d’inutilité. Qu’y a t’il de salubre à éclaircir ainsi la gargote qui fermente sur le sol ?

Les grenouilles naissaient, s’extirpant des taillades dans de funestes coassements et allaient crever plus loin, noyées dans la saumure rubescente.

Des mains d’algues portaient les corps au ciel pour mieux les laisser choir un peu plus loin et composer ainsi des terrils charnus. Membres orphelins golgothant d’ultimes complies, j’assistais alors au plus étonnant des offices !

 


19:38 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

sExploration

Qu’elle me dévore ! Je n’en puis plus de frôlements lascifs aux bas de soie, de la chaleur trouble de ce mont de Vénus duveteux, Hyménée labial, le périple de l’apex, l’œil rivé sur  un hymen labié.

Oh ma tendre prédatrice ! Je suis le terme de tes aménorrhées, l’Achéron andrinople sur les berges de Bartholin.

Et c’est le monde à l’envers, quand les têtes se retournent pour un carnaval licencieux, ta jambe, ma jambe, nos cheveux, sur cette toile humide de nos moiteurs musquées. Chasseresse d’apparat tu succombes aux élans, à la houle des sacrées.

 

Regarde-toi Narcisse dans ton miroir, qu’il soit de Cusco ou de Collin, ton regard se teinte d’une fièvre nouvelle.


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16/10/2005

Comme un roman....

Faudra bien que je le débute un jour ce foutu roman ! Plus j’y pense et plus je me dis que ça débutera comme ça, certes, mais surtout, ça débutera dans une tranchée. Pas exactement dans une tranchée de la guerre 14-18, ce sera métaphorique. Pour parler de quoi ? Pour signifier quoi ? J’en sais foutrement rien, faut bien choisir quelque chose non ? Curieusement c’est assez vivant la tranchée, ça grouille ! L’image de la cloque percée, du cloaque, toujours assez de place pour y glisser un cloporte et ne pas y entrevoir la porte close.

Par contre, je veux plus entendre le bruit déchirant des obus en floraison, je lui préfère le silence pesant d’une solitude luxorienne, et au fond du tableau, de luxurieuses luxations, un carnaval de gueules-cassées et d’esprits hantés au gaz moutarde. Le quotidien métronome à 60 bpm s’y existera pas, on ira pas plus vite n’y moins, c’est juste que le temps n’aura pas lieu d’être. Juste l’expansion incontrôlable des métastases, le lierre métacarpe qui s’étire sur le sol. Ce sera peut-être l’histoire de la méiose mais on laissera les gamètes dans les sacs, c’est trop bruyant ces petits animaux !

C’est une bonne méthode ça pour repousser toujours un peu plus loin la frontière, une technique d’exploration.

Sur fond de lutte mythique avec Saturne, le lecteur exercé devinera la présence en filigrane d’une déesse vulnéraire, reine de Sabbat et l’existence du poilu y sera toute consacrée. En attendant, le héros se goinfrera d’assiettes d’angoisses saignantes, de considérations stagnantes dans la béance fibrillaire de sa bouche.

Scalpel à la main, stéthoscope au garde-à-vous, je ferai le chemin à l’envers un regard tendre à mes garde-fous tombés pour l’enfance.

Les stèles enracinées dans le bourbier figées sur des scènes peintes sur majolique et les bottes des soldats se feront musique de la brisure.   

 

Un jour peut-être…. Oui….Un jour….



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Armistice

Et puis un soir il est sorti de la tranchée et a regardé le trou....
 
Tu peux respirer maintenant!

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12/10/2005

Oh? Une histoire?

-         Je pense que je reviens des bains, j’ai les pores dilatés comme des yeux de bovin et mes guenilles sont trempées, souillées par l’âcreté de ma sueur.

L’imprononçable m’a puni ! Chaque semaine je goûte à la miséricordieuse médecine des moines apothicaires. Je reste conscient jusqu’à l’entame du traitement. Enfin, ils me recouvrent d’onguents mercuriels et la sudation me porte sans ménagements à la pâmoison.

Je me réveille le corps en bouillon, parcouru par des crampes, visites d’ulcères et je crache sur le sol des sphacèles diptères.

C’est sans doute cela mourir à petit feu.

 

 

Je crois que c’était hier… J’ai volé un couteau à la lame grossière. J’avais besoin d’une saignée, j’avais besoin de consulter mes humeurs. Ai-je le sang vicié comme ils se plaisent à le dire ?

Mon sang est clair, il a la consistance de la glairure des relieurs.

J’ai trop saigné, me suis endormi, la plaie s’est infectée au contact de ma paillasse grouillante.

Ca me lance, la plaie se farde d’une teinte bleutée.

 

 

Ils ont dû m’oublier.

J’ai dû me nourrir de poux de corps.

J’ai rouvert la cicatrice, de sa béance s’échappe quelques eaux laiteuses aux fragrances méphitiques.

Je suis en train de pourrir dedans.

Je suis en train de pourrir en-dedans.

 

 

J’ai chaud.

Je voudrais m’écorcher entièrement.

Je ne supporte plus la visite de ce scarabée ventriloque.

 

 

Le scarabée ventriloque est venu plusieurs fois, il me conseille de me couper le bras mais la lame du couteau s’est émoussée au contact de ma peau.

 

 

Aujourd’hui le scarabée ventriloque m’a mordu très fort.

 

 

Hier, le scarabée ventriloque est venu s’excuser, il veut me présenter une amie. La timidité de ladite personne la contraint à se déplacer dans l’ombre, je n’ai pas vu son visage.

 

 

Le scarabée ventriloque ne vient plus mais je sens la présence de son amie ! Je l’interroge, elle ne répond pas, je n’ose plus dormir.

 

 

Apparition de ganglions sous l’aisselle gauche

 

 

Le scarabée ventriloque est revenu. Il va me faire sortir.

 

 

J’attends

 

 

J’attends

 

 

J’attends

 

 




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09/10/2005

Fable

Le roseau plie,

Le chêne rompt,

Je ris mais ne ponds pas,

Et pourtant j’ai prié…

 

J’ai lancé mes iris derrière les lignes d’horizons,

J’ai volé très bas avec les hirondelles,

C’était l’époque du silence et du monde sirupeux,

Tout était lent, on volait de nos ailes grasses.

 

La chair est triste hélas !

J’avais oublié la tare,

Je ne lisais plus la marque,

Je ne sentais plus la cave au milieu de mon cou

 

J’ai peur.

J’ai endossé la veste de Tantale,

La tentation me passe un doigt sur la joue…

 

Rictus

L’œil plisse

La déglutition s’éclipse

C’est le halo de la honte

Et c’est la scolopendre qui grimpe,

Trachée ou œsophage peu importe,

Il faut juste envahir la bouche.

 

Je regarde,

Là sur le tapis,

Mon transport le plus doux,

Et l’abjection transpire,

L’opprobre par les pores.

 

Je suis l’esclave,

D’un passé marqué,

A l’éclat d’obus.

 

Hormones hors-normes,

Homme-nonne…

 


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05/10/2005

Phosphore

Tu as lu dans les nervures de mes paupières,

Quand elles sont closes,

Mais on

Ne sait rien de ce qui se cache derrière moi.

 

Cet espace cruel,

Là, entre nous,

Le fabuleux rituel

Du coucher.

 

Quand ma tête se dérobe

En arabesques furieuses

Pour le souvenir encore humide

L’infarctus du souvenir.

 

La mémoire

M’invite

A reprendre ta main

Dans ma paume tremblante.

 

La nuit,

Le silence de ses cris,

Le fauve de son gris,

L’exubérance de son prix.

 

Cet espace cruel…


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02/10/2005

Je ne vaux pas un clou.

C’est cousu de vers blanc.

Elle m’a

Chloé,

Chloé le bec,

Chloé au sol,

Chloé sur la croix,

Chloé d’admiration,

Chloé au pilori,  je suis

Chloé dans mon cercueil,

 

Le cri primaire a mûri tandis que je vieillissais,

Nul besoin de vous satisfaire l’arve !

Nul besoin d’agir depuis l’aume !

Nul besoin de jeter les dés !

Nul besoin de vous !

Juste Elle,

Juste.

 

L’homme est un carnivore, il a besoin de Vian

L’homme est un forgeron il Artaude,

L’homme borgne Braunere,

Amnésique il Oulipe,

Et Mabille !

 

Triste Tzara…

Qui n’a pas lu…

Chloé Delaume…




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