20/10/2005

La Naissance des Grenouilles.

A l’époque, on était heureux d’avoir le nez bouché !

C’était encore le meilleur moyen d’échapper au fumet nidoreux des fleurs prospérant parmi les cautères qui baillaient à s’en décrocher les viscères.

Un sacré champ de pleurs tu sais.

Moi je déambulais, sans repère, le soleil ne se levait plus, juste quelque chose d’humain qui m’obligeait à ne pas fouler la charogne. Le friselis de l’agonie se répandait dans l’air, comme un crabe dévore un faible corps.

La pluie tombait, honteuse d’inutilité. Qu’y a t’il de salubre à éclaircir ainsi la gargote qui fermente sur le sol ?

Les grenouilles naissaient, s’extirpant des taillades dans de funestes coassements et allaient crever plus loin, noyées dans la saumure rubescente.

Des mains d’algues portaient les corps au ciel pour mieux les laisser choir un peu plus loin et composer ainsi des terrils charnus. Membres orphelins golgothant d’ultimes complies, j’assistais alors au plus étonnant des offices !

 


19:38 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.