16/10/2005

Comme un roman....

Faudra bien que je le débute un jour ce foutu roman ! Plus j’y pense et plus je me dis que ça débutera comme ça, certes, mais surtout, ça débutera dans une tranchée. Pas exactement dans une tranchée de la guerre 14-18, ce sera métaphorique. Pour parler de quoi ? Pour signifier quoi ? J’en sais foutrement rien, faut bien choisir quelque chose non ? Curieusement c’est assez vivant la tranchée, ça grouille ! L’image de la cloque percée, du cloaque, toujours assez de place pour y glisser un cloporte et ne pas y entrevoir la porte close.

Par contre, je veux plus entendre le bruit déchirant des obus en floraison, je lui préfère le silence pesant d’une solitude luxorienne, et au fond du tableau, de luxurieuses luxations, un carnaval de gueules-cassées et d’esprits hantés au gaz moutarde. Le quotidien métronome à 60 bpm s’y existera pas, on ira pas plus vite n’y moins, c’est juste que le temps n’aura pas lieu d’être. Juste l’expansion incontrôlable des métastases, le lierre métacarpe qui s’étire sur le sol. Ce sera peut-être l’histoire de la méiose mais on laissera les gamètes dans les sacs, c’est trop bruyant ces petits animaux !

C’est une bonne méthode ça pour repousser toujours un peu plus loin la frontière, une technique d’exploration.

Sur fond de lutte mythique avec Saturne, le lecteur exercé devinera la présence en filigrane d’une déesse vulnéraire, reine de Sabbat et l’existence du poilu y sera toute consacrée. En attendant, le héros se goinfrera d’assiettes d’angoisses saignantes, de considérations stagnantes dans la béance fibrillaire de sa bouche.

Scalpel à la main, stéthoscope au garde-à-vous, je ferai le chemin à l’envers un regard tendre à mes garde-fous tombés pour l’enfance.

Les stèles enracinées dans le bourbier figées sur des scènes peintes sur majolique et les bottes des soldats se feront musique de la brisure.   

 

Un jour peut-être…. Oui….Un jour….



20:43 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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