12/10/2005

Oh? Une histoire?

-         Je pense que je reviens des bains, j’ai les pores dilatés comme des yeux de bovin et mes guenilles sont trempées, souillées par l’âcreté de ma sueur.

L’imprononçable m’a puni ! Chaque semaine je goûte à la miséricordieuse médecine des moines apothicaires. Je reste conscient jusqu’à l’entame du traitement. Enfin, ils me recouvrent d’onguents mercuriels et la sudation me porte sans ménagements à la pâmoison.

Je me réveille le corps en bouillon, parcouru par des crampes, visites d’ulcères et je crache sur le sol des sphacèles diptères.

C’est sans doute cela mourir à petit feu.

 

 

Je crois que c’était hier… J’ai volé un couteau à la lame grossière. J’avais besoin d’une saignée, j’avais besoin de consulter mes humeurs. Ai-je le sang vicié comme ils se plaisent à le dire ?

Mon sang est clair, il a la consistance de la glairure des relieurs.

J’ai trop saigné, me suis endormi, la plaie s’est infectée au contact de ma paillasse grouillante.

Ca me lance, la plaie se farde d’une teinte bleutée.

 

 

Ils ont dû m’oublier.

J’ai dû me nourrir de poux de corps.

J’ai rouvert la cicatrice, de sa béance s’échappe quelques eaux laiteuses aux fragrances méphitiques.

Je suis en train de pourrir dedans.

Je suis en train de pourrir en-dedans.

 

 

J’ai chaud.

Je voudrais m’écorcher entièrement.

Je ne supporte plus la visite de ce scarabée ventriloque.

 

 

Le scarabée ventriloque est venu plusieurs fois, il me conseille de me couper le bras mais la lame du couteau s’est émoussée au contact de ma peau.

 

 

Aujourd’hui le scarabée ventriloque m’a mordu très fort.

 

 

Hier, le scarabée ventriloque est venu s’excuser, il veut me présenter une amie. La timidité de ladite personne la contraint à se déplacer dans l’ombre, je n’ai pas vu son visage.

 

 

Le scarabée ventriloque ne vient plus mais je sens la présence de son amie ! Je l’interroge, elle ne répond pas, je n’ose plus dormir.

 

 

Apparition de ganglions sous l’aisselle gauche

 

 

Le scarabée ventriloque est revenu. Il va me faire sortir.

 

 

J’attends

 

 

J’attends

 

 

J’attends

 

 




19:04 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

pas de scarabée pas de ventriloque, juste toi vivant et beau comme l'air que tu respires
comme la disparition des ganglions viiiiite

Écrit par : salomé | 14/10/2005

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