30/09/2005

Aller-Retour

Je me souviens maintenant.
 
Je sais pourquoi je suis parti, il n'est pas seulement question d'instabilité.
On ne peut vivre ainsi, lorsque les murs sécrètent les fantômes, que chaque objet évoque la douleur, les plaisirs amers qui, en se fanant, deviennent bourgeons puants.
 
Il m'a donc fallu refaire ce monde et apprendre l'amnésie, mais les rétines aiment les spectres, les rétines n'ont rien à envier aux manoirs écossais.
 
Encore une fois je veux troquer mes rétines pour des rustines.
 
Cette époque se rue sur moi à la manière d'un chant de sirène, tout semble si douillet.... Mais....
 
Je suis parti, on ne sait pas vivre la tête dans l'étau....
 
Et je veux repartir.... et retrouver la chair.

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26/09/2005

Le batracien

Le crapaud dans le champ de crocus.

N'est pas cette tache que vous voyez!

Il est le cri créateur, l'élan pré-natal.

Le beau, que vous devinez et qui s'invite dans votre derme, est ce que le crapaud vous livre depuis son crâne, cette ruche qui a perdu toute organisation.

Tout ce qui n'est pas lui est égérie, ce qui le constitue l'oblige au détournement.

L'art du crapaud c'est le mensonge.

Il passe depuis toujours entre les mailles du filet, se révèle à vos yeux.

Il veut briser, syncoper, couper le souffle de la lecture, que les phrases ondulent, il faut goûter...

Goûter le crapaud...

L'amertume n'est jamais qu'une impression première.

Regardez! Il saisit la ligne d'horizon et la dévore!

Vorace!

Et la nuit se teinte de gerbes d'ocre,

De déchirures violacées,

Le ciel se charge de grosses veines malades...

Et...

C'est beau!

La nuit pulmonaire, sirocco tuberculeux, tramontane moribonde et pourtant...

Le souffle est-il vie?

Au bout du corridor dont les murs suintent de joyeuses sanies,

Au terme de la trachée,

La bouche du crapaud!

On sait...

Ce que les contes annoncent!


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23/09/2005

Schizophrène

J'ai serré le poing, la pierre est entrée dans ma paume.

Je me survole, je me regarde évoluer dans mon mutisme, je vois que je fais des efforts...

Si! Si! L'homme est perfectible...

Partout chaque sens est sollicité par les signes. J'aime à les lire via le prisme de l'émotion... Le prisme giffle de l'instinct.

Je suis visité par des mains divines, elles caressent mes viscères le sourire aux lèvres, elles me flanquent l'image là, juste sous le nez...

Et la mémoire, hein la mémoire? Elle qui joue depuis toujours à m'abandonner, elle sonne la charge sur mes virginales méninges!


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21/09/2005

Il faut savoir parler...

Je règne sur les steppes aphasiques. J’ai laissé mon cerveau vers la rue Monge dans un bocal d’eau de Cologne.

J’ai la fragrance vieillotte, j’ai la nostalgie des serres de plomb et j’ai laissé ma langue entre un mort-né et un ptérodactyle.

 

J’aime les parcs visités par les spectres, j’aime les parcs aux tumultes soyeux, je suis un animal de cirque pour des pèlerins de l’au-delà.

 

Le son de ma voix tente de se frayer un chemin pour quelques simples mots.

 

J’ai mon tombeau au Museum d’histoire naturelle dans un pavillon de brique et les chercheurs ne connaissent pas mon langage.

Où est-elle ma fichue pierre de Rosette ?

 

Je vais sortir du mutisme, changement d’ère, les bronchioles sifflent c’est l’automne !


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20/09/2005

Georges et moi...

« Il est morne, il est taciturne,

Il préside aux choses du temps,

Il porte un joli nom Saturne,

Mais c’est un Dieu fort inquiétant… »

 

Parce que…

Parce que depuis toujours je me sens jouet dans les mains d’un démiurge facécieux.

 

Parce que, comme il faut voir Sisyphe heureux, je devine Saturne en paternel moqueur.

Alors je le laisse jouer avec les fils de mon cerveau.

 

Saturne n’est pas qu’un avaleur de sable ! C’est aussi le plus digne représentant de l’humeur noir, du jus amer, l’alambic de la mélancolie. Et je l’aime ce vague à l’âme.

 

« Le temps tue le temps comme il peut… »

 

C’est drôle… Moi j’aurais préféré :

 

« Le temps tue le temps comme il pleut… »

 

Comme la chanson je suis d’une évidente morosité mais je passe mes nuits à en rire.

 

La mélancolie est une arme contre la fuite du temps, elle est la seule à savoir étirer les minutes consacrées à l’ennui.




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Léo et moi...

La musique ! Dans la rue on la veut la musique !

 

„Muss es sein ? Es muss sein!“

 

Ludwig, t’es sourdingue?

 

Tu sais quoi Ludwig ? On donne trop facilement le nom de musique à des trucs infects !

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

T’as de la chance Ludwig ! J’aimerais l’être à l’heure qu’il est !

 

Sans la musique la vie serait une erreur disait encore un autre et sans musique je serais un homme sans passé je dis !

Parfois la musique me rappelle cette image de moi, gamin, attendant le bus sous la pluie avec un cartable trop lourd, la vie des enfants est souvent trop lourde d’ailleurs.

 

Ludwig t’es sourdingue ? I’m calling you !

 

Je suis touché par la catatonie depuis toujours, donne-moi du papier et un crayon et je t’écrirai qui je suis mais, par pitié, ne me demande pas de parler ! Je vais encore le répéter, la parole est une punition !

 

Alors nous avons la musique. Tu m’écoutes, hein Ludwig ?

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

C’est pour ça qu’on la veut dans la rue la musique ! Je passe des journées sans parler, juste chanter, juste les mots des autres, les miens sont…boueux.

Mes mots sont violents, ils me déchirent depuis l’occiput jusqu’aux talons. Mes mots ne sont que des cris qui jamais ne trouveront d’oreilles car je ne veux les prononcer !

 

Donne-moi un crayon !

Donne-moi un instrument et laisse-moi me vider, redevenir… cette flaque de peau…

 

Je veux sécher au soleil, ma carcasse mérite le même sort qu’un savon d’Alep. Laisse-moi devenir sec, sec mais par pitié ne me laisse pas sans musique. Le solipsisme m’est interdit car mon crâne est visité par des mots dissonants !

 

Quand je vais crever, c’est pas ma vie que je vais voir défiler devant mes yeux. Je vais entendre la musique tordue de mon existence et vous, vous danserez !

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

D’ailleurs moi sourd je prends une pelle pour creuser ma tombe, car encore je veux entendre le cri suraigu de la vie.

 

Et puis la musique est la seule à nous lobotomiser gentiment, pour notre bien, elle nous berce jusqu’à ce truc débile que peut être l’oubli de soi, l’oubli du monde autour de soi.

Mais la musique fait mal aussi, dans les déserts métastases il m’arrive d’errer, de traîner mes savates à l’orée des sanglots et là je peux te dire que je me purifie de toute la lie que je bois à longueur de vie car le bouillon est épais, le bouillon est amer.

 

Je voudrais vous le jeter à la gueule ce bouillon, voilà ni plus ni moins ce que je fais lorsque j’écris, je dégueule à grands flots, c’est gargantuesque, c’est exagéré, c’est juvénile, la musique, l’écriture, tout ça conjugué pour le choc de la surprise, pour la transe.

 

La musique plante son doigt dans notre fontanelle, éveille la guerre naturelle qui siège au plus profond de nous ! Le front, le fangeux champ de bataille.

Alors elle nous attrape par les racines et nous secoue. D’ailleurs la musique nous a t’elle précédée. Moi je suis sûr que oui !

 

Tu m’écoutes Ludwig ?

Ludwig t’es sourdingue ?

 

En fait la musique est née avant même la rue. Alors, on la veut où la musique ? Là où elle a toujours existée. C’est la musique du sol, la musique c’est tellurique !

 

Ludwig ?

 

Ludwig ?

 

Ludwig ?

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

 



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18/09/2005

Ombre

L’ombre est une alliée. Je me désaccorde, elle me donne le sol. Et, dans la chaleur de ses bras déployés, dans l’alcôve de son plexus, lorsque le sternum se fait poésie nerveuse. L’index frôle, l’œil se plisse et la chair exulte. La chair, plaine caressée, exquise amertume de la retenue…

 

Il faut l’ombre et son inhérente pudeur, son habile dévotion !

 

Comme disait l’autre…

 

« L’ombre de ton chien ! »


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Insomnie

La nuit.

Ses grains de beauté, des pleurs plein les cheveux. Il faut fendre le toit et respirer peut-être une dernière fois avant de regagner les chaînes du sommeil. Je voudrais pas tomber avant d’avoir léché la froideur de la nuit.

 

Promener mes mains endolories sur des satins interdits et me cambrer dans un chant déchirant. Quand mes yeux sont ronds, qu’ils n’attendent que le moment heureux  d’une naissance, juste ici, dans les draps humides de mes questions.

 

C’est la foire de l’existence, s’il faut se brûler et élargir les commissures pour un ultime cri, je visiterais encore la nuit, je viendrais me relever encore en somnambule aux mains lourdes, à la tête en chantier.

 

J’aime le privilège que sont mes insomnies même si je fonce ainsi tête baissée dans le royaume d’Hadès. Employons le bélier et entrons alors sans invitation.

 

La surprise se doit de survivre au dernier souffle.


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17/09/2005

Veille

C’est la logique qui veut ça ! Ca tourne, le vertigo est un des avatars de Saturne. On renifle chacun des quatre angles de la pièce dans un sens bien précis. On entre en cohésion avec le monde et ça tourne, les minutes se dévorent, on a hâte, là, on a pas peur de vieillir.

 

L’impatience est un délice contre-nature !

 

J’ai parfois peur d’être dingue, je dodeline de la tête et du ventre aussi, en fait… Je ne fais jamais que mettre le monde à nu.

 

Je dépose alors mes armes pour ne sentir que le poids de mes trop laborieuses mazurkas. Je serre les poings, je me vide, il ne me manque que l’indicible spectre





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16/09/2005

Almée

J’ai plongé les yeux dans des myriades de frôlements. Les certitudes migrent pour des contrées bien moins houleuses que l’étendue grisâtre qui cogne derrière mon front. On ne voulait plus croire aux éruptions, le ver s’assoie sur la tenture mordorée entre ailleurs et un autre point de l’univers. Les vertiges symphoniques résonnent sur les vestiges odorants de quelques mots ; l’œil perd son utilité au profit de la mémoire.

 

J’ai pas envie, j’ai plus envie, je ne veux surtout pas me nourrir de fruits gâtés. Je tousse toujours d’amères mucosités, je suis encore malade mais je regagne la force de.

La force de serrer les poings, de desserrer les dents pour chanter et aspirer secrètement ton souffle hésitant.

 

Mes élytres juvéniles se sont fissurés dans les arabesques tabagiques d’un orient inconnu.

 

Alléluia !

 

Terme qui désigne du doigt l’antre de la joie. Je suis resté sur le seuil à contempler la danse naturelle de l’almée.

Ce bien-être souvent proche de l’ivresse, il m’a parcouru et le froid… Ne mord plus.

 

La tête contre le mur, la contemplation des pieds, la pupille lourde et le rythme m’étreint ; aucun rite n’atteint les évanouissements de cette errance.

 






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14/09/2005

Le long des dalles...

Dans les mutations de ton visage, les rêves oubliés aux détours de la nuque.  La chevelure salamandrine, dévorantes flammes, flots tentateurs… L’ombre gagne cependant mes inquiétants ulcères.

Le sourire est simple, son poids est hermétique et la Raison asymétrique. Et je me plais dans ce dédale, dans les méandres truculents de ton expression. La logique de l’existence m’échappe et je m’enivre, plongeant le nez dans les calices de l’interrogation.

 

Je veux relire encore le mythe gravé sur ton dos. Et perpétuer le rite des idoles aux doux mots.

Des entités brumeuses chantent au petit matin, leurs caresses ambiguës, la pulpe froide de leurs doigts sur ma fiévreuse nature pour une maladie dont je ne veux me défaire.

 

Il te faut revenir pour hanter ma torpeur, il n’est pas d’homme ailleurs que dans le tumulte sauvage.


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09/09/2005

 Le Sursitaire

Je ne mène pas d’existence, je goûte la survie.

Il n’y a pas, de seconde chance, juste un infect sursis

 

Avec la crainte, la redoutable angoisse,

Celle de ne pas s’endormir mais de se réveiller,

Juste un instant après,

Le ventre amnésique,

La bouche hantée…

 

Les yeux que l’on voudrait clore…

Si je pouvais encore,

Maîtriser la carcasse,

Ma volière aux artères anarchiques…

 

Je retrouve les genoux croûtés de l’enfance,

Les paumes serties de graviers,

Parce que je tombe…

 

La lutte est vaine ?

Les veines en rut !

L’arène en vue

Je dépose les armes.

 

Devant vos yeux chargés d’intentions les plus nobles,

Je tente un sourire qui ne vous trompe plus !

Juste l’indécence de coucher ici,

Les symptômes idiots d’une trop longue agonie.

 

Silence,

Récompense des justes,

Errance,

Lot de l’éternel insatisfait…

 

A se flageller ainsi en public,

Le martyr devient vulgaire.

 

Un moribond peut encore vouloir

Echapper aux faits divers…



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07/09/2005

On perce...

D'avoir trop bu...
D'avoir trop pleuré en regardant les fantômes fouler mon espace...
 
J'ai la chair entre les côtes qui me lance...
La cage n'est plus assez vaste...
 
Le cri de l'intérieur est une chignole...

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01/09/2005

First Step

Juste une chose!
 
Dites aux éthologues et même aux spécialistes des reptiles qu'ils se sont mis le doigt dans l'oeil jusqu'au coude!
 
J'ai tordu le cou du serpent!


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