26/09/2005

Le batracien

Le crapaud dans le champ de crocus.

N'est pas cette tache que vous voyez!

Il est le cri créateur, l'élan pré-natal.

Le beau, que vous devinez et qui s'invite dans votre derme, est ce que le crapaud vous livre depuis son crâne, cette ruche qui a perdu toute organisation.

Tout ce qui n'est pas lui est égérie, ce qui le constitue l'oblige au détournement.

L'art du crapaud c'est le mensonge.

Il passe depuis toujours entre les mailles du filet, se révèle à vos yeux.

Il veut briser, syncoper, couper le souffle de la lecture, que les phrases ondulent, il faut goûter...

Goûter le crapaud...

L'amertume n'est jamais qu'une impression première.

Regardez! Il saisit la ligne d'horizon et la dévore!

Vorace!

Et la nuit se teinte de gerbes d'ocre,

De déchirures violacées,

Le ciel se charge de grosses veines malades...

Et...

C'est beau!

La nuit pulmonaire, sirocco tuberculeux, tramontane moribonde et pourtant...

Le souffle est-il vie?

Au bout du corridor dont les murs suintent de joyeuses sanies,

Au terme de la trachée,

La bouche du crapaud!

On sait...

Ce que les contes annoncent!


09:42 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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