20/09/2005

Léo et moi...

La musique ! Dans la rue on la veut la musique !

 

„Muss es sein ? Es muss sein!“

 

Ludwig, t’es sourdingue?

 

Tu sais quoi Ludwig ? On donne trop facilement le nom de musique à des trucs infects !

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

T’as de la chance Ludwig ! J’aimerais l’être à l’heure qu’il est !

 

Sans la musique la vie serait une erreur disait encore un autre et sans musique je serais un homme sans passé je dis !

Parfois la musique me rappelle cette image de moi, gamin, attendant le bus sous la pluie avec un cartable trop lourd, la vie des enfants est souvent trop lourde d’ailleurs.

 

Ludwig t’es sourdingue ? I’m calling you !

 

Je suis touché par la catatonie depuis toujours, donne-moi du papier et un crayon et je t’écrirai qui je suis mais, par pitié, ne me demande pas de parler ! Je vais encore le répéter, la parole est une punition !

 

Alors nous avons la musique. Tu m’écoutes, hein Ludwig ?

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

C’est pour ça qu’on la veut dans la rue la musique ! Je passe des journées sans parler, juste chanter, juste les mots des autres, les miens sont…boueux.

Mes mots sont violents, ils me déchirent depuis l’occiput jusqu’aux talons. Mes mots ne sont que des cris qui jamais ne trouveront d’oreilles car je ne veux les prononcer !

 

Donne-moi un crayon !

Donne-moi un instrument et laisse-moi me vider, redevenir… cette flaque de peau…

 

Je veux sécher au soleil, ma carcasse mérite le même sort qu’un savon d’Alep. Laisse-moi devenir sec, sec mais par pitié ne me laisse pas sans musique. Le solipsisme m’est interdit car mon crâne est visité par des mots dissonants !

 

Quand je vais crever, c’est pas ma vie que je vais voir défiler devant mes yeux. Je vais entendre la musique tordue de mon existence et vous, vous danserez !

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

D’ailleurs moi sourd je prends une pelle pour creuser ma tombe, car encore je veux entendre le cri suraigu de la vie.

 

Et puis la musique est la seule à nous lobotomiser gentiment, pour notre bien, elle nous berce jusqu’à ce truc débile que peut être l’oubli de soi, l’oubli du monde autour de soi.

Mais la musique fait mal aussi, dans les déserts métastases il m’arrive d’errer, de traîner mes savates à l’orée des sanglots et là je peux te dire que je me purifie de toute la lie que je bois à longueur de vie car le bouillon est épais, le bouillon est amer.

 

Je voudrais vous le jeter à la gueule ce bouillon, voilà ni plus ni moins ce que je fais lorsque j’écris, je dégueule à grands flots, c’est gargantuesque, c’est exagéré, c’est juvénile, la musique, l’écriture, tout ça conjugué pour le choc de la surprise, pour la transe.

 

La musique plante son doigt dans notre fontanelle, éveille la guerre naturelle qui siège au plus profond de nous ! Le front, le fangeux champ de bataille.

Alors elle nous attrape par les racines et nous secoue. D’ailleurs la musique nous a t’elle précédée. Moi je suis sûr que oui !

 

Tu m’écoutes Ludwig ?

Ludwig t’es sourdingue ?

 

En fait la musique est née avant même la rue. Alors, on la veut où la musique ? Là où elle a toujours existée. C’est la musique du sol, la musique c’est tellurique !

 

Ludwig ?

 

Ludwig ?

 

Ludwig ?

 

Ludwig, t’es sourdingue ?

 

 



01:12 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

la musique c'est le seul art qui confère un sens au mot "absolu"...

Écrit par : salomé | 20/09/2005

écririez vous le générique de ma nouvelle émission? "Musiques au Corps"?

Écrit par : Eve Ruggieri | 20/09/2005

Musique Le seule "chose" qui me transporte.

Écrit par : Flynn | 22/09/2005

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