03/07/2005

Heurte me!

Elle nous souffrait plus l’haleine chargée d’acétone de ses amants prédigérés. Il lui fallait pourrir à un autre air, fini l’épisode du stupre dévoreur, fini l’aliénation consciente, la candeur est parfois inaltérable même sous les assauts juvéniles d’une partie de cul carnassière. Devenue geôle d’enzymes utérins elle poussait la porte pour goûter à un extérieur tout aussi vicieux. Les exhalaisons de l’asphalte moite, autant de mains perverses s’agrippant aux chevilles, l’œil charbonneux, souligné par le dégoût de son propre corps elle prononça ces mots : - « So what »Jambes félines découpant une atmosphère acide, talons marquant le sol d’une empreinte douloureuse, elle savait le temps venu, les ocres de la vie ferreuse s’invitant avec violence dans ses poumons étranglés.Il avait en lui l’image gravée de sa poitrine haute se gonflant sous les invectives d’une respiration anarchique, la saisir de ses mains calleuses c’était signer en bas de la page et devenir l’objet de son auto destruction, il voulait juste en sentir le poids comme l’origine d’une vie encore mal vécue. Croquer ses lèvres ourlées et puis non! Et puis où était elle? Il la savait juste en danger, en proie au tyran gisant dans ses entrailles. Le monde vilain qui scrute de ses yeux globuleux, le monde batracien aux yeux véreux, le monde qui se plaît à perdre ses enfants, les prenant par la main et poussant sur la nuque pour leur coller le nez au bord de la lunette.Depuis longtemps elle avait tout rendu et lui se lassait de n’avoir rien vécu. Elle l’aimait plus que tout dans des suffocations animales et lui l’aimait tout autant à s’en être crevé les yeux. Elle peinait en gravissant les marches qui menaient aux sommets de la villes, une sueur sirupeuse s’écoulant depuis ses aisselles échauffées, une sueur à la chimie quasi originelle, une transpiration dont le bouquet invite à la dépense libidineuse et à la mort. En se devinant ainsi, elle perçu un peu plus le dégoût de son métabolisme. Une pluie tiède aux parfums de lit souillé tombait alors sur la ville. La ville, ce vagin investi par des inconnus baveux, à la flore aigrelette, elle se sentait poupée russe, issue et prisonnière des eaux de notre origine. Son pantalon trop pr`s du corps lui rappelait d’ailleurs la source de son mal-être, l’entrejambes est un miasme tétanique, l’entrejambes est le centre du monde, l’entrejambes nous dévore et nous hante, nous ne sommes que des entrejambes. Les autres, hommes et femmes, la croisaient et masquaient difficilement leur attirance, envie subite de poser les doigts sur son genou, de remonter le long de la cuisse pour enfin se brûler. Elle marchait plus vite, laissant derrière elle de grandes traînées de lumière, celle des réverbères. Des larmes sans expression ayant peine à se mêler au mascara déjà entamé.Pourquoi cette image de nymphe lubrique? Le monde se cambre à son passage, le bas-ventre en foire, trop de salive, les abdominaux exténués par des stimuli devenus honteux. Les serpents tortueux de sa crinière, tentateurs indépendants et elle devient cible des fantasmes les plus abjects… Goûter quelques secondes à la liberté que le vide peut offrir. Oublier la masse qu’on charrie, le tas de viande qui turlupine. Depuis longtemps le piège s’est refermé mais elle était parvenue à en sortir juste blessée pour se terminer seule’Et lui perdait un membre chaque heure passée sans elle. Il sentait le goémon tripier se rependre par delà le péritoine. Sa voix martelée par la peur, les stridulations des crissements de pneus, refuser de la recueillir morte, il avait dans sa poche de quoi se recouper la gorge, laisser s’envoler les mots de Pandore.

00:48 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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