25/06/2005

L'aveu au tribunal.

La nature a fuit son rôle pour être plus méprisante que confidente et je règne sur la nuit comme un malade aux portes d’une agonie tant attendue. Et mes pensées noueuses qui me collent à la terre, quand le peu de Raison qui me reste s’échappe, que je me fais simple objet torturé, maxillaires aigus, œil torve, des ongles aiguisés lacérant mes viscères. J’ai le droit de pleurer, de déchirer le silence pour un cri sourd et retenu.Je suis l’étranger du monde, je me complais dans la douleur qui consiste à ne voir que toi, Esméralda maligne, ma douce tentatrice qui d’une simple œillade a su me soigner d’une maladie innée. Moi qui suis condamné au sourire forcé, à une vie mythique alliée au mensonge, c’est sur ta chair céruse inondée de ton sang que je redeviens homme aux faiblesses graciles. Le monde ne sait voir que le jeu qui t’anime, la glaise et puis la glèbe qui façonnent tes galbes moi j’ai ouvert les yeux pour deviner le reste. Cette fragilité qui vous caractérise, vous habitants maudits des rives de l’Achéron, toi qui a fuit les tensions les tensions d’une vie qui n’était pas la tienne, toi qui malgré la force de ta condition divine te réfugies en moi pour des moments d’amour quand le verbe s’efface, qu’il se fait impuissant face à tes blessures, face à ta conscience, à tes réflexions profondes exhalant des enfers. Toi qui t’es échappée pour redevenir femme et subis l’assaut de l’idiotie humaine, je me brûle les ailes à ton contact suave, chacun de mes élans est comme vénérien, comme chargé d’interdit, comme chargé d’impossible et pourtant je la pousse cette porte de pierre, je pousse mon rocher comme un certain Sisyphe, je goutte à la victoire en atteignant la cime et je sombre toujours en dévalant la pente. Car je n’aime que cela, sonder ton abyssale conception de la faute. Je me fiche éperdument du tribunal qui siège au terme du périple, qu’ils travaillent ces jurés, tous ces juges bâtards qui n’ont su lire ici qu’une idylle malsaine.Car je n’aime que cela, quand je sais l’espoir vain et que’ tenant ta main, j’entends la mélopée d’un monde qui me répugne. Fatalement liés à cette déchirure et nous nous obstinons à poursuivre la lutte à croire que par essence l’homme est contraint au conflit, à se détruire lui-même et crever épuisé d’avoir trop essayé d’étouffer son propre danger, il demeure son propre prédateur, à la fois victime et criminel.

20:46 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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