31/05/2005

Derniere danse

Veines, autoroutes souillées, violées par des cathéters oxydées. Métabolisme disloqué, enfant naturel de Schiele et de Bacon, danses désarticulées, pantins en branle. Dans des convulsions sauvages, des luxations gouailleuses, des éclampsie heureuses. Corps en sueur, petits fleuves charriant les lymphes impures, plaies bourgeonnantes, pivoines suppurantes, infections drainées, nid d’anguilles blanches, mue crasseuse déposée sur le sol ocre. Péritoine et chaudin enveloppes tripières, vésicule surmenée, fièvre bileuse, lèvres frileuses, gercées et mordues.

 

Langue, steak lourd avalé dans une énième crise épileptique. Hormones, chimie sans contrôle, mère des dérèglements et le corps trébuche et le corps s’essouffle, le corps exulte dans une lutte contre la mort. Agonie bruyante, symphonie, cacophonie, oreille interne infestée par les eaux sales, vertiges obsédants.

 

Les muscles raidis la colonne ploie, s’échappent des craquements, l’arc semble bandé, la flèche sera une pituite ultime, leucorrhées s’écoulant le long d’une jambe rachitique. Yeux révulsés, yeux exorbités, l’hypophyse pousse derrière les globes, les mains tremblent, la voix chevrote, le larynx hanté par des miaulements de chat, la trachée empruntée par des cafards couverts de mucus gastrique.

 

C’est le corps confronté a la peur panique, le ballet tétanique, entrechats sur syncope, aphasie équivoque,langage du corps, cicatrices rouvertes pour crier plus fort comme des bouches placées un peu partout. Un bouillon amer a la commissure des lèvres, mâchoires déboîtées pour quelques mots tribaux, c’est l’Urschrei, le cri primaire, c’est commettre l’inceste avec cet autre moi, c’est connaître l’insecte qui loge dans cette carcasse bonne pour l’abattoir, le corps en foire et il faut vivre, embaumé dans des cordes qui lacèrent la chair, qui entament le derme. Corps décharné, jeté dans le sel pour des soubresauts disgracieux, un retour à la terre, avant la mise en bière.


11:12 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

dis c'est le coup de la tête d'anguille sous la guillotine qui te rend comme ça?

Écrit par : Milady Renoir | 31/05/2005

J'aime tes écrits !! Belles descriptions !!

Écrit par : Lou | 31/05/2005

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