04/03/2005

Mu(s)e

De mes doigts s'écoule un ru visqueux.
De mes yeux s'échappent des larmes mêlées de poussière.
De mes multiples plaies émane l'odeur de fer qui habille si bien le sang.

Je me vide, lentement, pour une agonie douce, pour une transe dansante et mon corps semble prendre du plaisir. J'aime souffrir ainsi lorsque je sais que je change de peau.

Etape décisive que de laisser sur le sol, l'exuvie sèche et de la piétiner dans un craquement léger. Faire table rase pour devenir un nouveau monstre. Un mucus amer se dépose sur le voile de mon palais pour faire de chaque déglutition un supplice nauséeux. Je me cambre pour vomir, que ma propre acidité de dévore, je veux être les vers qui me boufferont, je suis égoïste au point de ne pas partager ma pourriture avec la vermine des alentours.

Ainsi je diminue pour ne garder que le fiel. A chaque renaissance, de plus en plus cruel et mon visage se crispe en des expressions de gargouilles. Je crache l'humain pour ne plus justifier l'élan de tueur qui m'anime. Une haine glaireuse siffle dans ma trachée, mes joues se sont creusées. Ô figure du crâne, imposture superbe, qui a su nous faire croire à notre humanité.

Lors je saisis le marteau qui violemment percute mon cuir chevelu en des endroits choisis. Là au dessus des tempes puis derrière les oreilles, et dans un appel sourd je chiale ma douleur au vide qui m'entoure.

Je sais que le corps est; je le sens qui existe mais il reste captif de ma bête pensée. Et s'il faut qu'il exulte, que ce soit dans le pourpre, dans des cris équivoques et dans cette solitude qui sied tant à la douleur.


21:43 Écrit par malecicatrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.