18/10/2007

Naissance du héros

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Allongé sur le flan, la cloison nasale branlante, encore croûtée de rails inhalés. Le poste d’aiguillage en grève. C’est le réveil d’un Michel Delpech glam avec des slips classes. Moustache taillée, harmonie droite de poils drus issus de ce même nez donc.

Les dents serrées il ouvre un œil pour se rappeler la fille sur la moquette d’un bleu électrique, probablement les genoux rougis et irrités.

Il couvre son torse aux pores dilatés et grisâtre d’un cuir cintré au vert élimé… Il voudrait récupérer son ceinturon… Apparemment solidement attaché à une cheville.

 

Dans l’ascenseur il regrette déjà, de devoir remonter comme ça son froc.  La goutte au nez il essuie sa gourme d’un revers de la manche et gueule alors comme un singe en décollant l’une de ses croûtes.

Pas de sang,  juste un petit lait collant.

 

Il fait grand jour, il respire fort, il grimace…

 

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12/10/2007

Tu veux un héros?

 

Lost Farm

 

Cette existence favorable aux errances, à la vapeur d’essence, aux évanouissements de petits roumains.

Ce truc qui pue la lune jusque dans le reflet des caniveaux. Ces instants privés de toute mémoire ou peut-être frappés de maux de tête aux sulfures éthylés.

Lorsque sous le poids d’une nuit tandis que le beffroi perd ses aiguilles, tu traînes tes semelles jusqu’à l’usure.

Les bouches de métro exhalent le fumet des mégots, mufle urbain, constellation de bitume… La ville te bouffe mon vieux, à cet instant, elle te ronge comme un ongle oublié au sommet d’un majeur arthrosé.

Seul danseur du ballet, la paillette a brillé, le temps de quelques verres, inspiré que tu étais à déclam
er des vers.

Solitaire, objet rebondissant aux oreilles des trottoirs, tu as laissé tes pieds au décrottoir d’un porche maintenant fermé.

Ta couche est une bouche aux relents de pets de mouche à merde, et tu t’y vautres comme se sont vautrés t
es propos quand tu déclarais ta flamme à cette femme du troisième étage.


Je te regarde contempler la rue vide comme une bougie éteinte à la fenêtre d’un immeuble aux loggias pleurantes.

Tu as tout entristé, les chiens se sont pendus à ton passage et quelques cafards russes ont joué au hasard avec leurs roulettes fondues dans les plombages de cadavres oubliés.

Je sais pas trop comment encore, mais j’ai décidé de donner fin à tout ça mec ! Je vais te tuer.

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30/08/2007

Knokke

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23/07/2007

Bruxelles

En chantant des trucs qui mettent le baume au cœur, on s’est mis en tête l’idée de rejoindre l’horizon. Si l’horizon est gris, vertical et garni de volutes c’est que tu erres dans ma ville. Les pavés descellés sont autant de dents perdues lors de combats un peu inutiles, on va dire que la souris est passée et qu’elle conserve dans un mouchoir les reliques des lutteurs amoureux.Les femmes tricoteuses ont en mémoire les malléoles twisteuses de leurs talons aiguillés et les enfants portent sur leurs paumes des décalcomanies grisâtres glanés au gré de leurs chutes.Les vieux s’endorment sous les lumières jaunies des galeries et offrent ainsi à leurs dents une capeline discrète. Endormis au sucre des biscuits, ils psalmodient quelques banalités lues sur des valves informatives. Doucement, je les regarde courber leurs nuques de dinosaures et poser leurs lèvres tremblantes sur la mousse d’une bière éventée. Eventée comme leurs desseins, comme leurs désirs.L’érosion physique ne m’effraie pas, mais je voudrais pas devenir comme eux. Regarder le monde au travers d’une vitre sur laquelle une grasse condensation s’est formée. Je voudrais pas tousser pour cacher le vide du dialogue et sentir le dragon de la solitude me guetter. Je veux pas non plus prendre le bus vers quelque part pour quitter chez moi et subir le regard rageur des actifs. Je veux pas laisser une dent dans une couque de Dinant.En chantant des trucs qui mettent le baume au cœur, on s’est mis en tête l’idée de rejoindre l’horizon.Cet âge là ! C’est sans doute le moment. Tout ce temps, occupé à réfléchir pour les aliénés, ceux qui vivent au rythme des cinq jours par semaine.display_image.php

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22/02/2007

De Profondis

Lune, liquide mercuriel dont l’argent serpente sur le tapis de feuilles. Terre fourmillante couverte de son linceul luisant.

 

Les ajoncs murmurent les secrets inquiets, l’angoisse sereine d’une mort sourde.

 

Arrière décor d’une boîte crânienne, théâtre des plongées pour des profondeurs déraisonnables.

 

Attirante panique, tentatrice folie et goût immodéré pour le sursis.

 

Sur la brèche, pas de danse sur l’arrête du gouffre.

 

Puis, les premiers mètres grisants de la chute.

 

Pupille d’un au-delà…

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05/12/2006

Jean-Michel

 

 

 

A Jean-Michel, il a toujours manqué un membre ce qui lui donne des occasions de chialer. Un membre en plus, un membre que nous autres, on a jamais eu ! Du coup, on est moins malheureux. Il fait des gestes de fourmi qu’on tente de brûler avec une loupe. Mais toujours il demeure silencieux.

 

On dirait qu’il pense : « Je veux pas qu’on ensemence mon silence avec vos voix au vibrato glaireux. »

 

La seule chose qu’il nous reste, c’est cette infâme gnôle, ce vitriol qui nous condamne à des haleines à l’acétone.

 

Quand on se réchauffe, qu’on frotte nos coudes au détour d’une chanson oubliée, il chiale en ajoutant des « e » à la queue des adjectifs.

Sa grammaire à lui est d’un genre que nous, nous avons oublié !

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22/10/2006

Les Chiens

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Gilbert a déposé son casque sur le sol et s’est allumé un clope. On devinait alors ses rides ambrées dans l’incandescence de son mégot informe. On était tous très conscient de n’être que poussière mêlée à l’humidité de nos larmes. Nos yeux toujours encrassés de limaille pleuraient des humeurs troubles qui traçaient sur nos gueules des volutes sauvages. Le visage de Gilbert se confondait avec l’horizon, proposant un camaïeu sienne.

 

On était tous un peu confondus d’ailleurs, nos mains, devenues orphelines de cals, se contorsionnaient dans d’abominables questions métaphysiques quant au sujet de leur naissance. Bien alignés en rang, on eut dit une colonie d’insectes pionniers tentant de repousser toujours un peu plus loin la frontière.

 

« Qu’y a t-il de plus inquiétant que de chercher l’ombre pour s’abriter d’un soleil inexistant ? » lâcha Gilbert en écrasant sa cigarette.

 

A force de silence et de résignation, on avait cru que la parole nous était devenue interdite.

La question de Gilbert tempêta dans les crânes de ses compagnons de route.

 

Jean vomit à en devenir sec, et, à défaut de mandragore, engendra une bruyère éphémère. On avait tous peur d’exploser en fait. Curieusement, personne n’en voulait à Gilbert.

On a ramassé la flaque qui faisait office de dépouille de Jean en se promettant d’habiller avec le premier chien qu’on croiserait.

 

A l’époque des souvenirs et des regrets, Jean nous parlait toujours du chien !

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20/09/2006

Le Livre XXXVII (Première vérité)

 

 

C’est un chêne qui respire à chaque extrémité de ses doigts.

Courbes, ondoyantes vagues qui frappent mes joues de leurs embruns.

Et cette respiration, partition énergique, voile tiède chargé de vie.

 

Que les branches s’agitent…

Quand la tête princière des bouleaux se penche sur son sourire endormi,

Qu’ils s’échappent de leur bure d’albâtre pour une sève sucrée,

 

Lorsque le moment,

Lorsque le temps se couvre d’excuses ridicules.

 

Nous ne sommes pas dimanche,

Nous ne sommes pas lundi non plus !

 

Et sa chaleur se répand,

Tandis que les tensions du monde,

Erodent les ficelles,

Cicatrisent les sourires,

 

Coulent le plomb dans nos consciences abîmées.

 

Ouvre encore tes bras,

Que je m’enivre de tes seins,

Et que tes reins me fassent regretter,

La présence prude.

 

De ces draps.

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07/09/2006

Le LIVRE XXXVI (Case Départ)

 

 

 

Parce que, vous avez tous le parfum d’une terre,

Et cet arrogant droit au souvenir des origines…

 

Je reste, itinérant et incompris, sans fierté aucune et dans la honte,

L’opprobre d’avoir les mains poussiéreuses,

 

Mon début n’est sans doute qu’un désert oublié…

Et l’aridité des humeurs me guette et me contraint,

 

Etre ce que je suis…

 

Oblige au silence,

A l’orpheline souffrance,

 

Qui m’interdit de dévoiler la souffrance.

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13/08/2006

Le Livre XXXV (le dernier livre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la source, que je dois trouver, lorsque, le nez plongé dans le compost, je sentirai la douce invitation de ces draps champignonneux, siègera une quelconque  vérité.

J’ai cette impression dans les côtes, la révélation de l’existence se puise dans les délices primitives.

 

Je repense à Robinson, à sa jouissance tirée dans l’ivresse de singer le porc sauvage.

 

D’envahissantes racines pharyngites se sont échappées pour me coller à la terre.

 

Les livres, témoignages de notre mauvaise foi, n’égaleront jamais la confidence née dans la sueur de nos ébats débauchés.

 

S’il doit n’en rester qu’un, ce sera celui écrit par cette bête à deux dos.

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18/07/2006

Le Livre XXXIV (Les Paysages)

 

 

 

Echappée…

De

Mes mains,

Les yeux, marc de café,

Et la jaunisse,

Noyée dans une foi,

Aveugle…

Certes…

 

Ce sourire,

Et

Dans l’obsession,

De cet homme,

Il y a

Le fer dans le trou de la peau,

Y perdre le flair sur la terre qui tombe.

 

Et je cache,

Tel un gamin,

Le calcaire,

Comme un tartre précieux

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03/06/2006

Le Livre XXXIII (Les évangiles du corbeau I)

 

 

 

Ne surtout pas contempler

Pour se faire acteur

Pour croquer la chair

Et choquer le chœur

Des apothicaires

Qui comptent

Par trop souvent

Les battements dans la poitrine.

 

Laisse-moi frémir

Et perler sur le cuivre

De ta peau

Comme ce récif

Qui, en s’exilant

Est devenu l’asile des feux,

L’asile des cris

L’asile d’une primitive musique

Que l’on ne peut se plaire

A oublier,

Lorsque l’on a goûté

Ce cuivre

Ce petit vin madérisé

Coulant depuis la commissure

Lorsque trop longtemps tu as serré

Tes poings à défaut de draps.

Que cette sueur

Aux bouquets d’amande

A l’amertume à peine émondé

Me brûle et me porte

Au sacre.

 

Lorsque de tes sacrées,

L soumission est feinte

Ne fanons pas le culte

Des corps inassouvis

Déracinons ensemble

Cette souche

Et ses ongles

Plantés

Comme le bec du rapace

Qui fouille dans mon foie.

Non, ce n’est pas le feu

Que nous avons volé

Et laissons là les veules

Tandis que le spectacle

Anéantit les veuves.

 

Imbriqués et tordus

Et pourtant élégants

Nous portons au pinacle

Le respect du frisson.

 

 

 

Serait-ce donc ça, faillir ?

Serait-ce donc ça, trembler ?

 

 

Replongeons donc un peu,

Nos nez dans le cristal,

Et vois la seule robe

Qu’il me déplaît d’ôter.

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27/05/2006

Le Livre XXXII (Les Evangiles Urbains III)

 

 

C’est au ciel d’un plafond trop haut qu’il calmera l’angoisse de son amour.

Issus d’un orifice primaire pour prise de terre, des fils tentacules empruntent aux mains du monde une agressivité avide.

 

Que ne feraient-elles pas, ces mains, pour étrangler l’homme, pour lui gonfler les yeux au souffle boueux d’une aigreur de moutardier ?

 

Ses joues se creusent, rongées par le remord que d’autres n’ont pas cru bon de baigner dans leur acide. Le monde peut encore sourire pendant que ses martyrs vomissent isolés, la tourbe d’un peuple narcissique.

 

Des moines autolâtres frappent à ses carreaux, leurs faciès tirés aux expressions de rage percutent les vitres pour mieux rythmer leur ardente prière.

 

L’homme attendra avec calme le silence de la mer, recouvert quelques heures d’un drap méditatif et oubliera sans doute son inutile don…

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25/05/2006

Le Livre XXXI (Les Evangiles Urbains II)

 

 

Ne lui parlez pas de la peur de l’inconnu mais plutôt d’inconfort. Le dehors c’est la morsure d’un gel façonné à l’ego démesuré du monde. Comment ne pas connaître l’Autre ?

 

Toutes ces traces de doigts sur les carreaux à l’inquiétante condensation.

Les volets claquent ; glottes d’hommes trop fiers, leurs poèmes étouffent en se tordant dans nos larynx larmoyants.

 

Car voyez-vous, il nous aime…

 

Oui…

 

Nous aimons trop nos reflets, même difformes, même conscients de l’obésité de nos orgueils.

 

D’un violent coup de poing dans la fenêtre il s’est ouvert au monde, une saignée pour partir au front, descendre, traverser la rue et errer dans le parc.

 

Chiens et papiers dans un tango effréné affichent de solennelles mines.

Aujourd’hui l’air a un prix, celui de la place que seule la vanité sait dévorer.

 

Chats de poussière tel un gant de crin sur la langue…

 

Pour éviter le cri ?

 

Les lunes d’or se sont accrochées aux visages d’ étrangers ou bien s’agit-il de fesses, de celles qu’on paie pour soulager les messieurs ?

 

Il traîne ses souliers, mais, ne relèvera pas son col de veste, nous ne sommes pas à la fin d’un film ici,non !

 

Ici, c’est la vie.

 

Et dire qu’il nous aime malgré tout !

 

Malgré la vulgarité de nos démonstrations, l’insignifiance de nos sentiments…

 

Il nous aime…

 

Comment ne pas comprendre son ascétisme ? Epuisé qu’il revient des images de notre monde.

 

Il rentre, la cage d’escalier est froide, suintant la froideur des passes soldées…

 

Ne pas croiser quelqu’un, ne pas croiser…

 

 

Plus une seule image, il ferme les paupières et invoque la conjonctivite.

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20/05/2006

Le Livre XXX (Les Evangiles Urbains)

 

 

 

Il se souvient de cette autre vie, cette vie plus ou moins datée, dans une ville à l’organisation verticale, peuplée d’hommes confondus au silence de poumons métalliques.

 

De trois quart, à la fenêtre d’une architecture froide, tel un sourire symétrique sur la face d’un trottoir aux parfums carboniques, il réfléchit, l’œil offert à la froideur d’une averse orpheline. Soumis à cette pluie pour une lubrification cérébrale obligée. Avant ce souvenir n’existe qu’un néant bruyant.

 

Ainsi, dans la cicatrice d’un néon brumeux, il observe cette plaie sur la surface du monde. Mainte fois nettoyée aux eaux de religions passionnées, mais la charogne bourgeonne, enfante des pistils aux appétits anormaux, à la voracité orgueilleuse.

 

La vitre, banquise salvatrice, sur cette joue bleutée ne tomberont plus les scansions sourdes d’un peuple sur le déclin.

 

Cette obscurité qui l’autorise à la réflexion.

Cette pénombre qui interdit la réflexion.

 

Mais la masse se rappelle à la plante de ses racines dans un fourmillement régulier d’aveugles se dépêchant tête baisse à la guillotine.

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12/05/2006

Le Livre XXIX (Insectes?)

 

 

Les hexapodes ont posé leurs valises pour se faire les dents sur le plat de mes côtes.

 

Quelques « grttt grtttr grgt »

 

Quelques « frtftrf frftfrfgtfrt »

 

Ils érodent mon squelette en riant à gorge déployée, tout ça pour créer le manque…

 

Le manque de sa toison chêne, de son bouquet mêlé de musc et d’agrume.

 

Le corps tremble et réclame cet empyreume suggestif.

 

 

« grtrgtrg grtgrtg »

 

 

La moelle, butin saturnien, comme un chrysanthème naissant de la plaie aveugle.

 

Il me faudrait être assez souple pour rogner l’absence.

 

 

L’homme est faible tant que sa main demeure vide de la chair qu’il aime.

 

Il ne sait plus bâtir et ne vibre qu’aux mouvements d’habitudes vulgaires.

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11/05/2006

Le Livre XXVIII (Pardonne mes errances)

 

 

L’homme est essentiellement fait de boue, je suis un homme.

J’ai sali les draps de mes mots.

Mots qui s’échappent légers,

Juste une question suintant depuis la blessure narcissique.

 

 

Il ne faut pas casser,

Mais il faut trembler pour porter au pinacle,

La grandeur de ton âme,

La force de tes bras cassés.

 

 

Oh… Ma Frida

Je dégueule comme Diégo cette violence idiote,

Accepte ces traces de boue comme l’élan de mon corps,

 

Rentre dans cet écrin, formé dans le creux de mes mains,

J’y ôte les échardes fielleuses de mon orgueil,

 

Viens ma douce…

 

 

Nous bougerons la stèle ensemble.

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09/05/2006

Le Livre XXVII (Quelque part sur la pierre)

 

 

La nuit…

 

La nuit, sous le toit, à l’abri, sans un bruit, tout à fait coi, presque abruti.

 

Je plante une main fouilleuse dans mon cerveau embrumé pour ne tirer qu’une seule image,

 

Imprimée sur ma rétine, indélébile…

 

Je tente d’y donner un sens, mais le divin,

 

Mais le sacré,

 

Ne souffrent pas l’insignifiance humaine

 

Alors, je me mue en entité liturgique,

 

En prêtre sulfureux à l’alchimie pure,

 

Je me fais joaillier pour sertir ses orbites de pierres monolithiques,

 

Car il a pris sa source lorsque les racines étaient encore jeunes,

 

Encore jaunes,

 

Et elles se sont courbées pour t’inviter à la danse,

 

Au rythme de ma conviction,

 

Lorsque tu dors,

 

Et que,

 

Je te regarde,

 

Et que,

 

Mes questions disparaissent en une seule et même réponse,

 

Inscrite

 

Quelque part,

 

Sur les parois d’une cavité antique,

 

Car le hasard est mort,

 

Lorsque la conscience de nos existences,

 

Fût caressée.

 

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05/05/2006

Le Livre XXVI (Grenada)

 

 

On a contemplé les froncements de Gaïa, elle qui adopte une attitude sévère lorsque le soleil se plaît à lui noircir les traits.

Et, dans l’ocre arabe, tu posais ton oeil un peu partout,

Du doigt, tu as désigné le puits de ta naissance,

L’orgueil d’une naissance qui perdure,

Et ce, malgré les vents,

Malgré les sourires de circonstance,

 

Et moi j’étais ton ombre,

Le corbeau à l’envergure juste assez large pour ton petit corps fragile.

 

Quel drôle de nom : « Paseo del Tristes » !

Nos rires rebondissent encore dans les ruelles,

Parmi les odeurs orangées,

Les rides des doyennes,

La fraîcheur des patios.

 

On a contemplé une réussite humaine,

D’artifices et de respect,

De domestication et de soumission,

Et l’on s’inspire,

De ce que l’on a respiré.

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14/04/2006

Le Livre XXV (Trop loin...)

 

 

 

Notre souffle, comme une claque sur la joue plombée de Clotho, elle qui s’en retourne, vaincue, camuse de trop de ces gifles chevauchant nos liesses grouillantes.

 

Notre souffle, insondable, chargé de nos débordements, qui percute tel une phalène les lumières grésillantes de nuits hétaïres.

 

Notre souffle, sulfureux, indique sans équivoque un long chemin d’ermitage, qu’elle se fasse thanatophage la faucheuse, qu’elle ronge son frein !

Aujourd’hui, ici bas, nous décidons de lui refuser l’accès, qu’elle aille en pendre d’autres et ailleurs, elle nous a assez fréquenté cette pute pas même excitante.

 

Mais elle quitte les lieux avec un sourire amer, dans mon poignet s’est introduite une lame bien froide… Car elle est bien loin… Aujourd’hui…

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12/04/2006

Le Livre XXIV (le goût du sang)

 

 

Laisse couler un peu plus les mots qui font naufrage dans l’épaisseur soyeuse de ton sang. Lui qui semble porter un sens que moi seul comprends. De cette saveur dont il faut se repaître, la longue danse de l’existence plongée dans l’alacrité, dans la folie des coïncidences, isochronisme des vertiges.

 

J’en veux encore de cette chute, de l’extase qui me transporte parmi les couleurs de ta peau.

 

Je veux me taire, encore goûter cette robe interlope qui t’habille quand tu dors, que je ne porte alors, aucun remords, à visiter ton corps tel un reptile amoureux….

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03/04/2006

Le Livre XXIII (évangile selon le chien)

 

Je suis le chien.

Je suis celui qui renifle, qui propose à sa langue des espaces duveteux, des saveurs chargées de miels décadents, les yeux rivés sur un ciel chimique composé depuis des palettes d’hormones dans lesquels fantômes et succubes frileuses redoutent mes appétences.

 

Je suis le chien.

Je gratte la terre, et parfois le derme primal se colore tel un diamant impur gorgé d’intentions séminales. La nuque raide comme possédé par les entités de la terre, je visite sans errance aucune, les pentes aguicheuses des hanches engendrent l’équivoque coup de hache du sacrum, chaque vertèbre se fait perchoir d’oiseaux de joie… Pervenches horizontales… Oubliez les colombes !

 

Je suis le chien.

Respiration heurtée, instinct tyrannique, le sextant de tes soupirs comme autant de bornes dans l’étendue voluptueuse de mes images.

Les mots se tordent pour des images scabreuses, le scarabée du Nil ?

Les hiéroglyphes se sont cachés dans les plus tendres recoins de ton anatomie, je suis le chien et, de ma truffe, je soulève cet humus d’éphélides.

 

Je suis le chien.

Je m’enivre à m’en faire péter le bas-ventre de tes exhalaisons citronnées, de tes haleines de lotus, de la chaleur de tes origines.

 

Je suis le chien.

Je me couche, indompté mais vaincu par le charme.  

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29/03/2006

Le Livre XXII (La première page)

 

Peut-être est-il verbe ?

Peut-être est-il amour ?

Qu’importe ?

 

Je suis seul dans le compartiment bercé par les effluves doux de vanille, le train de ce corps qui me mène aux délices. Descendre au dernier arrêt. Oh oui ! Tu peux sourire, l’innocence est le lot des vierges et des idiots. Pose mes mains où tu le voudras, la portée de tes idées se noirci de croches, doubles, triples, et tes mâchoires gonflent, tes paupières claquent, il n’y aura jamais assez d’air et pourtant, aucun de nous deux ne goûtera l’anoxémie.

 

Et soudain je ne sais plus lire la dilatation de tes pupilles !

La peur panique dans un magma quasi impur fusionne avec le besoin d’effeuiller les blandices et tu retiens ton cri tandis que mes reins crissent, tes doigts déchirent les draps et c’est l’aurore et sa rosée saumâtre, on entend plus que deux cœurs frappant les barreaux de la cage.

 

Tu vas prendre la parole, tourner cette langue qu’il me plaît de mordre, tu chercheras tes mots…

 

Peut-être est-il verbe ?

Peut-être est-il amour ?

Qu’importe ?

 

Il faut savoir lire la peau !

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26/03/2006

Le Livre XXI (Les évadés de Chagall)

 

 

Ils descendirent la pente caillouteuse en trébuchant parfois ce qui avait des effets vibratoires sur leur chant, la cardamome qui se nichait dans les méandres de leurs tignasses affadissait les purpurins pétales des cardamines collées à la terre. Ils volaient, les évadés de Chagall, mais ils descendaient dans la ville qui fut le lieu de leur rencontre, de leur naissance, de leur vie antérieure, de quelques menus plaisirs, de quelques blessures baillantes.

 

Ils arrivèrent devant un bâtiment de brique noire, de forme parallélépipédique, fenêtres condamnées, par la crasse, par besoin, on ne sait, porte d’acier depuis laquelle s’échappait un « boom boom » irrégulier assaisonné de râles et de rires mesquins ; on entrait dans le monde…

 

« Tu te souviens ? » Lui dit-il.

 

Elle acquiesça sans trembler, mais en sentant toutefois un poids au niveau de la nuque. Ce poids était la main de « Il » alors tout allait pour le mieux.

 

Ils poussèrent la porte pour découvrir, comme ils s’y attendaient, les informes masses noires, les egos aiguisés d’artistes contrariés, aux dimensions tant orgueilleuses que les angles de la pièce gagnaient quelques mètres chaque jour.

 

« Comment les artistes peuvent-ils former ce qu’ils nomment des groupes ? » Se dirent-ils in peto.

 

Leur altruisme suidé comment une pierre semi-précieuse qui apprend à jouer avec la lumière pour égaler ses célestes aînées.

 

« Mais la valeur ne se loge pas dans l’éclat mon chéri ! » Lui glissa t-elle à l’oreille, consciente de poser là un truisme.

 

« Je sais ça mon amour, mais certains sont encore gagnés par l’autolâtrie, ils souffrent et pensent ainsi évoluer au dessus de la belle race humaine. Restons encore un peu invisibles, embrasse-moi ! »

 

Leur peau cireuse perdait de sa douceur à leur contact, ils se devaient de partir, cela les peinaient fort ! Ils aimaient ces artistes malades !

 

« Pourquoi les aimons-nous ? » Juste par la pensée elle lui adressa cette question.

« Ils sont ce que nous fûmes et n’ont pas encore la fortune… » Il sourit et la prit dans ses bras.

 

Les évadés de Chagall reprirent la route dans l’autre sens, les cardamines baissèrent la tête, contrariées…

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17/03/2006

Le Cauchemar I (Plongée dans la rouille)

 

Il est des mondes qui nous collent à la peau, étranges, qui ne nous sont pas étrangers puisque nous leur donnons vie et c’est effrayant !

Cette nuit là, j’ai mouru ! Je suis contraint de maltraiter la grammaire dans un soucis de fidélité toutefois, cette mort n’ayant été que ponctuelle. On m’a retrouvé mort dans un décor mêlé de décharge municipale, d’usine puant la bakélite, de ville mutante dévoreuse d’ouvriers, le tout, parsemé d’étangs aux carpes comme on en trouve chez Wilde. Le tableau est stupéfiant, comment pouvoir être ainsi sépulcral ?

 

J’étais donc mort, retrouvé dans ce bourbier urbain que je visitais pour la première fois, que venais-je y faire ? On sait que j’étais ivre au moment du décès, je sais tout ça car je suis assez tordu pour ressusciter et participer à l’enquête…Enfin à ma manière, dans mon coin… Comme je ne me souviens de rien, je tente de décrasser la toile de ma mémoire, je voudrais savoir…On dit que je suis allé chez des gens m’en mettre ras la gueule de bibine et autres spiritueux, mais on ne sait pas comment je suis mort.

 

Ca sent un peu l’iode, y’a une histoire d’eau là dedans, je suis mouru probablement en bord de mer. Mais quel Dieu est assez pervers pour poser une ville-termite sur une côte aux reflets de cuivre oxydé ?

Peut-être m’a t’on pris par la main, pour m’emmener mourir ? On m’aurait aidé en somme…. Tu vois un peu ce que je veux dire ?

 

Me connaissant, et, revisitant les lieux du trépas, la mort causée par la peur panique semble être la plus probable. C’est comme si le monteur sombrait dans une maladie nerveuse teintée d’apoplexie et qu’il nouait les rushes de mes dernières heures en s’inscrivant dans une nouvelle logique, une logique que lui seul approuverait.

 

Images brèves, violence, cris de bête, corps allongé dans l’herbe longue à la rosée rouillée, yeux rivés sur un dais étoilé, le liquide velouté s’échappe, le friselis des insectes prisonniers qui se noient par millier, la rumeur de la ville déserte qui persiste à jouer les vivantes, une voiture dérape un peu sur le gravier, son qui déchire les tympans, chaque battement d’aile est une excoriation du repos…

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14/03/2006

Le Livre XX (La Camarde)

 

 

Le birbe tirait sur sa pipe au point de ne former plus qu’une seule grosse ride. Ca l’étonnait ça, le vioque, des mouettes qui volent au-dessus du cimetière ! Il était d’ailleurs un peu apeuré, grattant de ses ongles la stèle qui lui servait de banc. Il se demandait assez justement si ses méninges ne prenaient pas petit à petit l’aspect du guano !

 

Avant, on disait :

 

« - y’a plus de saisons ! »

 

Qu’est-ce qu’on peut dire maintenant ?

 

Quelle drôle de nuit tout de même !

 

Il décida de ne pas remettre à plus tard sa petite ballade d’éléphant égaré. Avec son crâne déformé découpant l’air du soir, il arpentait mécaniquement les allées.

 

   « - Bonsoir Job !

 

-         ‘Soir Martin ! »

 

Ici aussi, les banalités langagières sont monnaie courante, mais les sourires sont francs et toujours bien intentionnés ! Il avait quand même toujours mal aux genoux le Martin, il prît appui sur un cippe qui marquait un carrefour en faisant semblant de reprendre son souffle.

Des excentricités de vieillard…

 

Que dis-je ?!

 

Baroqueries de mânes, oui !

 

Puis, il a soulevé le couvercle afin de se recoucher.

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12/03/2006

Le Livre XIX (Hic et Nunc)

 

Ainsi, ils sortirent leurs truelles, leurs gâches, leurs pelles…

La sueur irait nourrir les sols ocres, elle réveillerait les petites plaies du quotidien placées judicieusement. Mais ils arboraient le sourire des hommes qui s’unissent.

 

Lui, leur tourna discrètement le dos pour s’évanouir en un point anodin de l’horizon. Il leva les yeux vers le ciel :

 

« Raymond !

Raymond, s’ils savaient, s’ils pouvaient au moins comprendre et voir avec les yeux souillés par la vie de l’autre côté. Cette vie qui sent la brique humide et la pierre de briquet, la Gitane maïs, le vin d’avant l’église et la bière d’après, le cuir de leurs chaussures affrontant une herbe trop riche, les moustaches enrichies au jus de leurs ragoûts… S’ils savaient que cet endroit existe déjà, qu’il bat comme le cœur d’un homme mûr en bonne santé et qui ne se refuse aucun plaisir… Mais s’ils savaient… »

 

Il surplombait alors une banlieue d’apparence tranquille dégageant des fragrances d’huiles et de foyers heureux. Une architecture simple, peut-être même un peu laide si l’on s’en réfère aux canons des plus illustres décorateurs. Peu importe, ici ondoyaient les ventricules d’une existence à la fois bonhomme et puissante, on y disait des choses simples sans aplomb.

 

Il sortit son instrument de musique, cet hybride entre la guitare et le cithare, puis, assis sur un tronc coupé il entonna ce refrain :

 

« Elève-toi sous leurs yeux et ils t’ignoreront,

 

   Vole à eux,  du ciel, la crainte ils auront,

 

   Ecris leur l’histoire de leur vie qu’ils oublieront,

 

   Raconte leur leurs mères, ils pleureront,

 

   Evanouis-toi et toujours aveugles ils te chercheront. »

 

 

Puis, comme animé d’une transe tribale il dévala le versant de la colline en scandant son nom.

 

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10/03/2006

Le Livre XVIII (De Profondis)

 

« Après avoir traversé ce dédale verbeux, s’être griffé aux buissons, leurs épines telles des langues aiguisées, n’est-il pas temps, je vous le demande de tirer une première conclusion ? »

 

Il s’est assis, a tout d’abord fermé les yeux, puis sembla fixer un point très loin, au delà de toute limite, un point par delà l’humanité. De sa voix grave et posée, il articula sans remuer les lèvres :

 

« Toujours, il nous faut aimer, le mot Amour revient toujours, il se farde alors et la pupille ne se dilate plus au son de ce vocable à la résonance troglodyte. Parce que nous oublions la saveur saumâtre des sacrées trémulantes, lorsque la voix se fait cornage et que, dans le brouillard épais de l’excitation, désirs et douleurs s’émulsionnent en des juleps voluptuaires et aigrelets.

 

Enfants, il vous faut gaudir ! »

 

Il savait qu’ainsi, il leur donnerait le goût de la quête, que la curiosité les entraînerait sur des sentiers riches, périlleux et suaves. Il savait qu’ainsi, il donnerait un sens et du goût à leurs existences d’hommes endormis.

 

Tous s’observèrent, craintifs du premier geste, de la première parole, de la prime expression…

 

Du doigt, il leur désigna le sommet d’un mont somme toute raisonnable.

 

« Partez bâtir en mon nom en haut de cette colline, soyez sages dans le choix de vos matériaux ! »

 

Il se retourna, se couvrit d’un tissu épais et vulgaire et s’enfonça dans la fausse couleur d’un jour qui peine à décliner.

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05/03/2006

Le Livre XVII (complaisance douloureuse)

 

 

C’est le carnaval des cancrelats, au creux de la carcasse s’entassent vipères et autres batraciens, corbeaux, musaraignes et furets affamés.

 

 Le terrier est étroit mais le terreau y est riche. Les lombrics s’affairent avec zèle, il faut que le corridor des bronchioles soit rutilant pour accueillir de belles mucosités perlées, de celles qui charrient des petits crabes malingres et ricaneurs. Dans une toux musicale de trompette à peine bouchée, le corps sonne l’alarme.

 

 

Voyez le défilé des amibes, je ne trouve plus des yeux, le bismuth, ce lait nécessaire à la déglutition, le lait que l’on crache dont l’origine nous est encore inconnue. Né, quelque part, dans une contrée nerveuse du pancréas sans doute, ce lait aux parfums acétiques n’a jamais connu la poitrine généreuse d’une mère, juste le vinaigre taquin de protubérances solaires siégeant dans l’estomac.

 

Mes charniers sont des bourgeons intérieurs que le plus sincère des bonheurs ne saurait gommer.

 

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20/02/2006

 Le Livre XVI (Le Souvenir)

Il scrutait la lune rousse à s’en décoller les rétines, des larmes alimentées à la fumée de cigarette tentaient vainement de calmer le feu qui s’était emparé de ses joues.

C’est tout de même troublant de pleurer son bonheur, de sentir que le monde vous échappe tandis que vous l’apprivoisez. De faire un avec les éléments qui nous entourent, les cubes, les sphères, les chiens ailés, les étoiles pas très filantes qui se dérobent dans l’angle des rues qui sentent un peu trop la salacité.

 

La musique s’échappait de la fenêtre en prenant par la main ses pensées vides, son crâne s’emplissait d’une image qu’il ne voulait oublier, cette image qui chaque matin est lové dans le calme qui suit la pétulance de leur amour.

 

 

 

 

Il était bien loin désormais ce cancer de l’habitude, le crabe s’est asséché lorsque la mer a cessé de vouloir céder aux marées… Mais la musique est restée, et les images se sont faites de chair. Elles portent l’odeur capiteuse d’une maharané sans patrie, dont il se plait à baiser les pieds chaque soir en signe d’allégeance.

Elle l’a guéri de ses maux ; recousu chacune de ses cicatrices et surtout lui a redonné l’usage habile de ses mains, il sacrifie chaque jour les lettres de la destruction.

 

Il la porte dans ses bras, elle est légère…

Il la porte dans ses bras, pour la mener au trône…

 

L’ancien monde noircira ses pages, comme un souvenir qui prend forme sur le papier, que l’on traite afin de mieux se dégager les bronches.

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