Une flaque de peau
Les cicatrices suintent et les sanies colorent les pages.
Dans le grenier...
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Eat me
Arrête de sourire sale poupée macabre de mon enfance!
Il ne nous faut pas remuer le passé de la terre!
18-10-2007
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decoration
 

Allongé sur le flan, la cloison nasale branlante, encore croûtée de rails inhalés. Le poste d’aiguillage en grève. C’est le réveil d’un Michel Delpech glam avec des slips classes. Moustache taillée, harmonie droite de poils drus issus de ce même nez donc.

Les dents serrées il ouvre un œil pour se rappeler la fille sur la moquette d’un bleu électrique, probablement les genoux rougis et irrités.

Il couvre son torse aux pores dilatés et grisâtre d’un cuir cintré au vert élimé… Il voudrait récupérer son ceinturon… Apparemment solidement attaché à une cheville.

 

Dans l’ascenseur il regrette déjà, de devoir remonter comme ça son froc.  La goutte au nez il essuie sa gourme d’un revers de la manche et gueule alors comme un singe en décollant l’une de ses croûtes.

Pas de sang,  juste un petit lait collant.

 

Il fait grand jour, il respire fort, il grimace…

 

18-10-2007, 12:20:31 malecicatrique
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12-10-2007
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Lost Farm

 

Cette existence favorable aux errances, à la vapeur d’essence, aux évanouissements de petits roumains.

Ce truc qui pue la lune jusque dans le reflet des caniveaux. Ces instants privés de toute mémoire ou peut-être frappés de maux de tête aux sulfures éthylés.

Lorsque sous le poids d’une nuit tandis que le beffroi perd ses aiguilles, tu traînes tes semelles jusqu’à l’usure.

Les bouches de métro exhalent le fumet des mégots, mufle urbain, constellation de bitume… La ville te bouffe mon vieux, à cet instant, elle te ronge comme un ongle oublié au sommet d’un majeur arthrosé.

Seul danseur du ballet, la paillette a brillé, le temps de quelques verres, inspiré que tu étais à déclam
er des vers.

Solitaire, objet rebondissant aux oreilles des trottoirs, tu as laissé tes pieds au décrottoir d’un porche maintenant fermé.

Ta couche est une bouche aux relents de pets de mouche à merde, et tu t’y vautres comme se sont vautrés t
es propos quand tu déclarais ta flamme à cette femme du troisième étage.


Je te regarde contempler la rue vide comme une bougie éteinte à la fenêtre d’un immeuble aux loggias pleurantes.

Tu as tout entristé, les chiens se sont pendus à ton passage et quelques cafards russes ont joué au hasard avec leurs roulettes fondues dans les plombages de cadavres oubliés.

Je sais pas trop comment encore, mais j’ai décidé de donner fin à tout ça mec ! Je vais te tuer.

12-10-2007, 10:26:53 malecicatrique
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Mur Kamlepén
Ca y est ! Ca y est ! Regardez mon cou ! Regardez les traces de strangulation, des petites mains, de toutes petites mains. Moi, je sais qu’elles sont blanches, les poètes préfèrent le terme « diaphane » mais, ces mains-là sont petites, « blanc » c’est plus court, c’est plus approprié ! Regardez ! J’ai presque plus peur ! J’ose même marcher la tête haute et le torse bombé, le sang est en moi, fini le fiel aqueux, l’humeur pas même noble de lymphes bâtardes. Comment ai-je pu ? Comment ai-je pu jouer dans ce parc près d’Enghien, élimant mon pantalon en velours rouge et mon petit veston de cuir vert ? Comment ai-je pu tuer mes après-midi à chasser le lapin, entre Roms déracinés tandis que le temps travaillait à me rendre aphone ? Comment ai-je pu poser mon regard sur les tableaux noirs afin de donner fierté à mes aïeux ? J’ai toujours aimé les coquelicots, je les aime, incongrus dans un champ trop ordonné. Tu avais un manteau rouge et moi un métronome dans le crâne. Le vin blanc trop sec de ce troquet est devenu miel, il t’a embrassé avant moi, je me contentais d’embarrasser, de vibrer sans doute un peu maladroitement dans cet espace noyé de fumée. On savait pas ! On savait pas ? C’était quoi alors cette migration de grillons depuis mon oreille droite jusqu’à la gauche ? Tu avais des questions sourdes et moi des réponses muettes, l’espace devenait mince, très mince et un jour, j’ai voulu boire ton souffle et me vêtir de ta peau, j’ai égaré mes mains dans ta chevelure sauvage. Comment ai-je pu passer 30 ans à éviter mon reflet sans deviner pourquoi ? Comment ai-je pu m’abandonner à la musique sans savoir pour qui ? Pourquoi écrivais-je ? Ce n’est pas pour autant que la vie nous épargne… Mais tu es devenue ma Bérénice. Et, curieusement, une nouvelle vie commence
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